Milena, une « vraie sudiste » impliquée dans la lutte pour le droit au logement
Milena part à Barcelone pour travailler sur les questions du droit au logement et droit à la ville.
Milena, raconte-moi un peu tes origines…
Mes grands-parents étaient d’origines polonaise, tchèque et algérienne. Je suis née en région parisienne mais peu après ma famille a déménagé dans le sud, à Aix et puis à Marseille, et c’est là où j’ai grandi. Je suis une vraie sudiste ! Je me sens bien là-bas, il y a un rythme de vie qui me convient et il y a de la nature partout.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de partir du sud de la France?
Après mes études en droit et en sciences politiques à Aix, j’avais envie de bouger. J’ai d’abord passé six mois en Suède où j’ai fait des petits boulots et appris l’anglais avant de voyager un peu en Norvège. Ensuite je suis venue à Paris où j’ai trouvé un travail qui m’a passionné, au sein de l’association France Terre d’Asile. Je travaillais avec des mineurs isoles étrangers qui arrivent à Paris tout seuls, le plus souvent par le biais des passeurs. Ils viennent de l’Afghanistan, du Bangladesh, du Pakistan et ont fait des voyages incroyables et très éprouvants. Je faisais des entretiens avec eux sur leurs parcours migratoires, leurs dettes envers les passeurs qui les ont fait venir en France, leur vie famille et leur scolarité dans leur pays d’origine.
Comment est-ce que tu t’es intéressée à la question du droit au logement ?
J’ai commencé à me sensbliser à cette problématique quand j ai vu que les jeunes avec qui je travallais ne pouvaient pas obtenir de toit. Je me suis interrogée sur ce que constituait le droit au logement et aux recours juridques possibles. La situation en Espagne où les expulsions atteignent de plus en plus de monde dans des marges diversifiées de la population (classe moyenne aussi) m’a interpellé et j’ai voulu m’intéresser de plus près à la question de la place des banques dans cette urgence sociale.
L’Espagne, elle t’attire pourquoi?
C’est très étrange, je n’ai pas d’origines espagnoles et à la base je n’avais pas de connaissances ni d’amis là-bas. Mais c’est un pays où je me suis sentie bien, depuis la première fois où je suis allée, quand j’ai fait un tour à Barcelone, à Madrid et dans le sud. Je suis ensuite retournée plusieurs fois en Andalousie. J’ai très vite appris la langue, ayant pourtant fait peu d’études d’espagnol, ça m’est venu naturellement, alors que j’ai eu du mal avec l’anglais! Peut être parce qu’il y a pas mal de similarités avec le sud de la France, je me sens chez moi en Espagne, je me vois bien m’y installer un jour.
A Barcelone, ton travail consistera en quoi?
Je pars avec l’AITEC au sein d’une association qui aide les personnes victimes du crédit hypothécaire. Je vais donc travailler sur des questions de droit au logement et contribuer à la création d’un réseau sur ces questions-là avec d’autres villes en Espagne, en France et au Portugal, où Morgane travaille également sur le droit au logement. J’espère faire valoriser ma formation en droit en recherchant la possibilité d’organiser des recours contre les banques qui ont fait du crédit hypothécaire.
D’autres projets en Espagne?
D’un point de vue personnel, je compte voyager en Espagne, voir un peu plus du pays. Je fais de la capoeira depuis un an et j’espère continuer cette pratique à Barcelone et y trouver un club ; ça me permettra de rencontrer du monde. J’ai commencé à apprendre la clarinette donc je continuerai de m’entraîner là-bas; je suis encore à un stade assez expérimental!
