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/ Carnet de bord  /

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Une soirée à Rabat qui donne le ton
14 décembre 2009 par Diane

Je suis invitée chez des Congolais pour une cérémonie organisée en mémoire du père d’un de mes hôtes décédé il y a peu. C’est M., un ami proche du principal concerné, qui m’a demandé de venir et d’apporter mon appareil photo pour immortaliser l’évènement. Rien de très festif donc.

L’appartement est situé au sud-est du centre ville de Rabat. Je monte dans un petit taxi bleu. Dix minutes plus tard, j’arrive au lieu de rendez-vous. C’est un quartier très populaire, les rues sont mal éclairées. J’attends qu’on vienne me chercher, les passants me dévisagent et certains, intrigués par mes origines, me lancent « chinois ». M. arrive enfin, on y va. L’appartement est situé au premier étage d’un petit immeuble. On m’introduit dans la pièce qui tient lieu de salon pour l’occasion. Une vingtaine de personnes occupent des chaises et tabourets installés le long des murs. Bien que la télévision soit allumée, l’ambiance semble être au recueillement, personne ne parle. Je salue tout le monde mais ne connais personne et me sens comme une étrangère. Tous appartiennent à la communauté congolaise. Certains sont en situation irrégulière, d’autres réfugiés ou encore étudiants. Un petit discours ouvre la soirée « Merci à tous d’être venus ce soir apporter votre soutien à notre frère qui vient de perdre son père resté à Kinshasa. Ce n’est pas une fête mais bien une cérémonie. Nous allons partager un repas à la suite duquel chacun repartira chez soi  ». Ce discours sonne un peu comme une mise en garde. Les boissons arrivent, sodas et alcool. Des assiettes garnies de poulet et pommes de terre nous sont servies. L’ambiance se dégèle, l’alcool aidant. Tout le monde discute, on fait connaissance, on rigole. Les minutes passent. Une dispute éclate, une histoire de jalousie. Pour le recueillement c’est plutôt raté. Les cris sont de plus en plus forts, la bagarre prend de l’ampleur. Le trouble-fête est sommé de quitter l’appartement mais il ne s’exécutera qu’après de longues minutes. Trop tard, « la police est là, il faut partir ». Tout le monde prend la poudre d’escampette, il vaut mieux éviter le contrôle d’identité surtout pour ceux qui n’ont pas de papiers. Une discussion animée s’engage sur le trottoir entre les policiers, le propriétaire et les locataires. Le bailleur est en colère « hier j’ai donné l’autorisation pour une cérémonie, pas pour une fête. Qu’est-ce que ça veut dire de boire sur la tête du père de V. ? Vous vous moquez de moi ? ». En tant que musulman, il ne comprend pas qu’on puisse boire de l’alcool en une telle occasion. « Nous ne sommes pas musulmans mais chrétiens c’est différent  », précisent les locataires. « Je veux que demain vous partiez de l’appartement », leur dit-il. C’est ce qu’il souhaite depuis un moment déjà, il tient son prétexte. Le policier intervient et demande notre identité. « Comment vous appelez-vous ? ». « Je suis M. réfugié au Maroc  ». «  Et vous ? » « Je suis étudiant en sciences ». « Et vous, Madame ?  » « Moi je n’ai pas de papiers donc je suis diplomate », dit-elle en souriant. Le policier ne dit rien. Il arrive à moi. « De quelle nationalité êtes-vous ? » « Française  ». A partir de là, la situation bascule. Les policiers renoncent finalement à embarquer tout le monde au commissariat malgré l’arrivée de renforts. Ils repartent. Ma présence les aura peut-être étonnés, de même que les Marocains témoins de la scène qui m’ont dit « c’est la première fois que je vois une fille comme toi [sous-entendu blanche] avec eux  », et l’autre « lui [en désignant un réfugié] je ne l’aime pas c’est un bout de viande noire ». La présence d’une Française aura dissuadé cette fois-ci. Qu’adviendra-t-il la prochaine fois ?

Il est agréable de perdre le nord à Montréal...
7 décembre 2009 par Lucie

En partant de Paris, je pensais trouver de la neige quelques jours après mon arrivée. Après un mois ici, les premiers flocons commencent seulement à tomber ! Réchauffement climatique d’après une bonne partie des québécois, simple fin d’automne clémente pour les autres, l’inquiétude est de mise : y aura-t-il de la neige à Noël ? Enfin, tous me regardent avec un sourire qui en dit long. « Inquiète-toi donc pas, tu vas bientôt sacrer contre le froid ! ».
En partant de Paris, je me suis retrouvée perdue au milieu de ces immenses boulevards sans une foule de piétons stressés. C’est donc ça aussi, la ville ? Des petits immeubles charmants à deux ou trois étages avec un escalier figé dans un mouvement différent pour chaque porche, des immeubles en béton aussi… Des rues, toutes droites, dont on arrive à bout en une demi-heure en bus. Des rues orientées selon un plan intégré par tous les montréalais, mais ne correspondant pas aux points cardinaux conventionnels. Ici, tout le monde raisonne et t’indique ton chemin selon un plan où les extrémités de la rue Sainte-Catherine déterminent l’ouest et l’est et celles du boulevard Saint Laurent le sud et le nord. Une fois ces repères intégrés, le tout est bien pratique. Il n’y a peut-être que les habitués des cartes qui sont dérangés par le fait que le nord soit à 45° de plus à l’ouest que celui des boussoles.
En partant de Paris, je me suis dit, que je partais dans un pays où je n’allais pas être confrontée à un problème de langue. Erreur et bonheur ! « Coudon, j’te défie-tu de pogner tout c’que les chums disent ! ». Les expressions, habitudes et accents québécois sont infinies, mélangés entre de subtiles francisations de mots anglais (stationnement au lieu de parking), et des utilisations fréquentes d’anglicisme (« il cherche-tu un lift ? » pour demander s’il a besoin d’être raccompagné en voiture).
Des idées, qui se confirment ou non, le Québec n’est pas la France, Montréal n’est pas le Québec, les découvertes vont bon train !

Athènes sous réserve des droits
30 novembre 2009 par Regina

Lundi dernier un groupe d’environ 40 personnes vêtues de noir et portant des foulards ont attaqué des migrants Syriens résidant au quartier de Neos Kosmos à Athènes. Il s’agit d’un quartier populaire où la présence d’une population migrante est de plus en plus forte. Deux petits commerces qui appartiennent à des Syriens et les gens qui s’y rassemblent étaient la cible des attaques. Les personnes vêtues de noir ont lancé des grenades lacrymogènes en criant des slogans comme : dehors les étrangers. Ces événements rappellent ce qui s’est passé à la région d’Agios Panteleimonas l’année dernière, où des attaques des groupes racistes tolérées par la police ; avec toute une série d’épisodes qui ont suivi ; ont changé le paysage de la région. La place centrale qui constituait avant le point de rassemblement des migrants afghans pour la plupart, est aujourd’hui surveillée par des « comités d’habitants » afin de ne plus laisser les étrangers se « réapproprier » cet espace. Ces « comités d’habitants » ont réussi à fermer une aire des jeux que fréquentaient parmi d’autres, des familles afghanes. Mardi dernier j’ai assisté à un rassemblement où la discussion portait sur l’avenir de la région d’Agios Panteleimonas et les actions qui doivent être menées pour lutter contre la situation actuelle de répression. La décision prise est de revendiquer la réouverture de l’aire des jeux à travers des manifestations. La question qui surgit à travers des discussions avec des membres de l’association est comment agir vis-à-vis la propagation de ce climat de xénophobie dans les régions d’Athènes où habitent des migrants. En plus dans une période où on a l’impression qu’ on retourne en arrière en ce qui concerne les droits des migrants et le discours sur la migration. A cela s’ajoute le climat de répression qu’on perçoit partout. Le nombre des policiers présents actuellement dans les quartiers du centre-ville donne l’impression qu’on est prêt à affronter l’ennemi …mais il est où l’ennemi ?

Mobilisons-nous à Copenhague (et ailleurs) !
23 novembre 2009 par Ronack

Du 7 au 18 décembre, Copenhague accueillera la 15e conférence de l’ONU (COP15) sur le climat afin de mettre en place la stratégie mondiale de lutte contre le réchauffement climatique à partir de 2012 (fin du protocole de Kyoto).
Les fausses solutions proposées par les pays riches sont nombreuses : capitalisme vert et marché carbone, accroissement du libre-échange et réponses technologiques satisfaisant les lobbys industriels (nucléaire, agrocarburants, OGM…). Elles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Les mouvements citoyens doivent porter l’exigence d’un accord ambitieux et contraignant engageant la responsabilité historique des pays riches : réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre, financement d’un « Fonds Climat », reconnaissance de la dette écologique et des droits des populations indigènes… Ce défi suppose une mobilisation citoyenne du local à l’international pour un nouveau modèle de développement.
C’est l’objet du Klimaforum09, sommet alternatif à la conférence officielle. Durant deux semaines, plus de 10 000 personnes du monde entier y débattront, partageront leurs expériences et proposeront leurs solutions. Une déclaration commune, mettant en avant les alternatives, sera remise aux dirigeants présents à la COP15 afin de peser sur les négociations et servira de base à un mouvement mondial pour la justice climatique. Rendez-vous à la grande manifestation du 12 décembre à Copenhague ou dans les nombreux événements prévus partout en France (http://climatjustice.org et http://www.klimaforum09.org).

Défendre les droits des migrants en Turquie !
15 novembre 2009 par Lola

Quelles actions peuvent être menées en Turquie pour défendre les droits des migrants ? Depuis deux mois s’est créé à Istanbul un groupe de militants qui souhaitent faire émerger la question des migrants sur la scène turque. C’est la première fois qu’une telle mobilisation voit le jour. En effet, jusqu’à présent la question des migrations en Turquie n’était pas présente dans les luttes sociales. Le groupe est constitué de militants d’associations, de partis politiques et de syndicalistes ou de citoyens engagés. Il regroupe une trentaine de personnes. En septembre une première action a eu lieu, ils ont appelé à une manifestation devant le centre de détention de Kumkapi à Istanbul, centre dans lequel de nombreux migrants sont enfermés pour une durée… non limitée. Une manifestation originale, puisqu’ils sont venus faire de la samba devant le centre. Ce mois-ci, une rencontre plus large a été organisée pour parler de l’avenir du groupe. Des représentants et militants d’associations venus d’autres pays étaient là pour raconter leurs contextes nationaux et surtout pour présenter les différentes mobilisations et actions organisées dans leur pays (en Grèce, en Allemagne, en France). Ce partage d’expérience des luttes a permis de réfléchir aux actions qui peuvent être menées ici, en Turquie. Lors du débat qui a suivi, il était question de savoir comment intégrer les migrants dans ces initiatives et travailler avec eux. Il s’agissait également de trouver un moyen de mettre la question des migrations à l’agenda des syndicats et partis politiques. J’arrive donc en Turquie à un moment où des idées, actions voient le jour sur la thématique des migrations. Cela ne fait que commencer.

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