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Le calvaire des « petites bonnes » marocaines
Mercredi 11 août, les habitants du quartier de Derb Chorfa, à Casablanca, découvre dans la rue Fatima R, une fillette de 12 ans, dans un état physique très dégradé. Fatima vient de s’enfuir de la famille pour laquelle elle travaille comme domestique depuis plus d’un an afin de mettre fin aux violences que lui inflige sa « patronne », mariée et mère de deux jeunes enfants.
Fatima effectue des tâches ménagères pénibles pour un « salaire » mensuel de 500 Dhs (soit un peu moins de 50 euros) et n’est pas scolarisée. Elle fait l’objet de violences physiques et psychologiques. Lasse de subir ces mauvais traitements, la fillette a fini par s’échapper pour se réfugier chez des voisins qui ont découvert des lésions, bleus et brûlures sur l’ensemble du corps de la fillette.
Malheureusement au Maroc, ce genre d’évènement est fréquent. Les « petites bonnes » comme on les appelle sont bien plus nombreuses que ce que l’on pourrait penser. On compte près de 60 000 enfants de moins de 16 ans qui travaillent comme employés de maison et la plupart d’entre eux subissent des mauvais traitements de la part de leurs employeurs.
Afin de lutter contre ce phénomène d’une ampleur tragique, un collectif « pour l’éradication du travail des petites bonnes » a été créé en 2009 au Maroc afin de garantir les droits fondamentaux de ces enfants, notamment le droit à l’école. Il regroupe 26 d’associations qui se mobilisent pour protéger les enfants contre le travail domestique.
En l’absence de cadre juridique adapté, le collectif réalise un travail de sensibilisation auprès du gouvernement marocain afin que ce dernier mette en vigueur une loi conforme aux conventions internationales ratifiées par le Maroc et mette en place des politiques publiques de soutien pour les familles de ces petites filles. En effet, il ne suffit pas de pénaliser et sanctionner le travail domestique des enfants, il faut aussi réaliser un travail d’accompagnement auprès de ces familles en difficulté qui envoient leurs filles travailler dans des familles pour augmenter leurs revenus et ainsi subvenir à leurs besoins. Il est donc essentiel de soutenir les familles afin qu’elles aient d’autres sources de revenus et puisse scolariser à nouveau leurs filles.
Vous pouvez signer et faire signer la pétition en ligne : http://www.e-joussour.net/fr/node/a...
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Imaginez
Imaginez que vous vivez dans un pays où la guerre vient d’éclater, qu’une nuit des hommes armés sont entrés chez vous, qu’ils ont menacé votre père, violé votre mère et votre sœur, qu’ils vous ont roué de coups, que vous avez entendu des tirs et des corps s’écrouler, qu’en l’espace de quelques minutes toute votre famille a été massacrée et que vous n’avez pas réussi à la sauver, que vous vous êtes retrouvé seul, dans une maison souillée par l’odeur du sang, que vous avez pleuré longtemps.
Imaginez qu’au bout de plusieurs heures, vous vous êtes décidé à sortir. Vous avez entendu des cris, des pleurs et vous avez vu tout le monde s’enfuir. Vous les avez suivi et vous êtes arrivé dans un pays voisin. Vous y avez passé plusieurs années. Vous avez rencontré des gens qui vous ont aidé. Vous avez fait des petits boulots pour gagner votre vie. Un jour, vos amis décident de partir tenter leur chance ailleurs. A nouveau, vous vous retrouvez seul. Vous êtes livré à vous même. Vous aussi vous décidez de partir. Vous arrivez au Maroc.
Là-bas, vous entendez parler pour la première fois du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), on vous conseille d’y aller pour demander l’asile. Vous y allez, confiant et plein d’espoir. Vous racontez votre histoire. On vous pose des questions sur la ville où vous habitiez, sur le nom des quartiers, des villes alentours, sur le nom de votre école.
Vous avez oublié, c’était il a y longtemps. Peut-être même que vous n’avez jamais su. Vous n’êtes jamais sorti de votre ville hormis quand vous avez dû fuir pour sauver votre vie. Et puis, il y a cette nuit d’horreur qui hante votre esprit, vous n’arrivez pas à vous rappeler d’autre chose. Vous essayez de répondre, vous fouillez dans votre mémoire.
Vous faîtes des cauchemars toutes les nuits, vous revivez sans cesse cette nuit fatidique.
Plusieurs semaine après votre entretien, on vous appelle pour que vous veniez chercher la décision concernant votre demande d’asile. La décision est claire : votre demande a été rejetée car les éléments que vous avez apportés concernant la ville où vous habitiez ne sont pas crédibles. Aucune motivation sur le fond de votre demande ne vous a été donnée. Il en ressort que le HCR a uniquement des doutes concernant votre nationalité.
Les imprécisions dont vous avez fait preuve ont suffi à jeter le discrédit sur l’ensemble de votre demande d’asile. Vous n’arrivez pas à comprendre. Quand vous avez fui votre pays vous n’aviez que huit ans. Aujourd’hui vous en avez seize et vous avez peu d’espoir pour l’avenir.
Que ressentiriez-vous si c’était vraiment vous ?
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"Pis le centre d’achat y va passer un mauvais quart d’heure !"... Chanson et société québécoises
L’heure est venue d’une petite initiation à la musique québécoise : un sujet à la fois culturel, politique, représentatif d’un pays (le Québec, un pays ?) ou d’une nation. Le choix du dimanche s’est porté sur la chanson : "La rue principale", du groupe Les Colocs, groupe qui a inondé les ondes radio et a fait dansé québecois et québecoises entre 1990 et 2000. Chaque nouveau visiteur a dû entendre au moins un de leur succès, dans un magasin, chez des amis ou dans un bar, tellement leur renommée est grande parmi les francophones québécois. Cette chanson choisie relate les transformations des villes/villages des "régions" (traduit par province ou campagne en France) et plus précisément la destruction des centres villes au profit des centres commerciaux. Son créateur, André Fortin, dit Dédé, est originaire du Saguenay, jolie région autour du Lac Saint Jean, plus précisément de Saint Thomas Didyme, qu’il prend directement comme exemple dans sa chanson avec la rue Saint-Cyrille, rue principale de Saint Thomas Dydime et de la chanson.
La rue principale au Québec est le véritable centre d’attraction et d’activités des villes. Le centre est l’espace qui différencie chaque ville, qui participe à créer son charme, ses particularités, le centre où les relations sociales prennent vie, forme,où toutes les nouvelles s’y dévoilent. Quelques exemples québecois : en se promenant dans la rue principale, en allant acheter tes clopes chez le dépanneur (= l’épicier), tu apprends que Thérèse la coiffeuse est enceinte de son troisième, tu apprends que Dédé s’est suicidé. Tout se passe autour de la caisse de l’épicerie. L’économie du village s’y développe. Aujourd’hui, l’uniformisation des commerces est courante : on retrouve systématiquement au croisement des routes principales, les Tim Hortons, les Mac Do, comme il est question dans la chanson, et d’autres chaînes de restauration comme Subway, Saint-Hubert ou Normandin...
Les prises de position des Colocs sur la souveraineté québécoise, les problèmes de société comme le chômage, les prises de position des médias étaient courantes et se retrouvent dans de nombreuses autres chansons.
Quelques explications sont à donner, si l’envie vous prend de regarder les paroles :
la caisse pop : un concept qui n’existe pas en France, fondée par Alphonse Desjardins et sa femme, dans le but d’aider les québecois français (francophones) à obtenir du crédit, car les autres banques ne leur en accordaient aucun. Le but de la caisse populaire est un partage (en partie...) des profits entre les clients. Par rapport à la France, la Banque Desjardins est une des premières banques au Québec ; alors qu’en France, les banques coopératives ne sont pas si bien placées. Néanmoins, les plus gros comptes de banques québécois ne résident aujourd’hui pas à la caisse pop, mais plutôt à la Banque Nationale.
me v’la en beau joualvert : le joual, c’est la façon de parler québecois / être en joualvert signifie être fâché.
ça avait l’air de Val-Jalbert : Val-Jalbert est un village très touristique au nord de Montréal, beaucoup de constructions.
des ti-culs : ce sont des mômes.
Plus d’infos, sur : www.colocs.qc.ca
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"Pis le centre d’achat y va passer un mauvais quart d’heure !"... Chanson et société québécoises !
Petite initiation à la musique québécoise : sujet à la fois culturel, politique, représentatif d’un pays (le Québec, un pays ?), d’une nation. Analyses franco-québécoises autour des crêpes du dimanche :
André Fortin, dit Dédé, est originaire du Saguenay, jolie région autour du Lac Saint Jean, plus précisément de Saint Thomas Didyme. Il est le fondateur du célèbre, mythique, et bien populaire, groupe de musique québecois, les Colocs, groupe qui a inondé les ondes de radio et a fait dansé québecois et québecoises entre 1990 et 2000, et ça continue, encore et encore...
Leurs chansons, un reflet du paysage, des interrogations et des enjeux québécois ?
Quelques-unes de leurs chansons :
« La rue principale »
La rue principale au Québec est le véritable centre d’attraction et d’activités des villes, toutes les nouvelles s’y dévoilent. En particulier, dans les villages. Quelques exemples québecois : en se promenant dans la rue principale, en allant acheter tes clopes chez le dépanneur (= l’épicier), tu apprends que Thérèse la coiffeuse est enceinte de son troisième, tu apprends que Dédé s’est suicidé. Tout se passe autour de la caisse de l’épicerie. L’économie du village s’y développe.
La rue Saint-Cyrille est la rue principale de Saint Thomas Dydime, d’où vient André Fortin.
la caisse pop : un concept qui n’existe pas en France, fondée par Alphonse Desjardins et sa femme, …, dans le but d’aider les québecois français à obtenir du crédit, car les autres banques ne leur accordaient aucun crédit. Ils ne pouvaient pas sortir du micro crédit. Le but de la caisse pop, il y a un partage (en partie...) des profits avec les clients. Par rapport à la France, la Banque Desjardins est une des premières banque au Québec ; alors qu’en France, les banques coopératives ne sont pas ou sont (à voir) si bien placées. Néanmoins, les plus gros comptes de banques ne résident pas à la caisse pop, mais plutôt à la Banque Nationale.
me v’la en beau joualvert : le joual, c’est la façon de parler québecois / être en joualvert signifie être fâché.
ça avait l’air de Val-Jalbert : Val-Jalbert est un village très touristique au nord de Montréal, beaucoup de constructions.
des ti-culs : ce sont des mômes.
des cousines : dans les petits villages, tu es amoureux de tes cousines, ou de celles des autres ; peu de population.
« Passe-moé la puck » : www.youtube.com/watch ?v=3cpk...
André Fortin était un actif militant pour la souveraineté du Québec, et un grand partisan du référendum de 1995, pour lequel le groupe Les Colocs lança la chanson Atrocetomique le soir du référendum, 30 octobre, au Spectrum de Montréal. Le non, passé de justesse, les décevra beaucoup.
Plus d’infos, sur : www.colocs.qc.ca
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AQMI et compagnie
Une mission conjointe menée par Alternative et la Cimade devait se dérouler cette semaine à Agadez, dans le Nord du Niger. Elle avait pour objectif de récolter des informations et de faire un état des lieux de la situation des migrants dans cette ville, principal carrefour migratoire du Niger. Elle était primordiale car c’est par Agadez que passent tous les migrants et c’est aussi le point de départ des routes pour l’Algérie et la Libye. Mais voilà, l’Ambassade de France à Niamey n’a pas donné son accord car elle estime que les membres français de la mission courent un risque en se rendant dans cette région. La crainte des représentations diplomatiques (et la justification de ce principe de précaution strictement appliqué) est de voir un de leurs ressortissants tomber aux mains d’AQMI : Al Qaïda au Maghreb Islamique. Les enlèvements d’Occidentaux sont en effet devenus, ces dernières années, des activités rentables pour les groupes armés se réclamant de la nébuleuse islamiste. Certains otages ont été libérés moyennant des rançons, d’autres en échange de la remise en liberté de combattants arrêtés. Il s’agit, pour la plupart, d’anciens membres du GSPC, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat que l’armée algérienne a combattu sans relâche pendant une décennie, forçant les irréductibles à se réfugier plus au sud, dans les pays sahéliens voisins. Les zones montagneuses et désertiques du Mali, de la Mauritanie ou du Niger leur ont offert des bases de repli idéales car difficilement accessibles et donc, difficilement contrôlables. Mais ce nouveau positionnement géostratégique a également donné lieu à une réorientation en terme de communication. Il est si pratique de surfer sur la vague de terreur insufflée par Al Qaïda au monde occidental que les résidus du GSPC s’engouffrent sans hésiter dans la brèche. Le mouvement se colle lui-même l’étiquette Al Qaïda en se rebaptisant AQMI et en ressort gagnant. Plus de visibilité, plus de publicité, donc plus de portée et d’efficacité. Les actions sporadiques deviennent soudain des affaires médiatisées et la moindre attaque armée prend des allures de Jihad. Pourtant, AQMI s’illustre dans l’enlèvement de personnalités « rentables » plus que dans la diffusion d’un message revendicateur et idéologiquement marqué. On en oublierait presque que ce mouvement, qui s’est donné la peine d’être aussi terrifiant que possible, n’est composé que d’une cinquantaine d’hommes tout au plus. C’est véritablement l’opération de communication réussie du groupuscule qui lui a permis de prospérer. Défi remporté. Aujourd’hui, dans tout le Sahel, les déplacements d’Occidentaux provoquent un vent de panique et les ressortissants européens eux-mêmes n’osent plus s’aventurer en dehors des zones autorisées par leurs ambassades. C’est la preuve concrète qu’une bonne opération marketing peut donner à une poignée de barbus illuminés l’envergure d’un réseau terroriste international.
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