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Turquie / Droits des étrangers /

De nouvelles victimes à la frontière Grèce-Turquie
12 janvier 2010 par Lola

Ce début d’année est marqué par la mort de dix sept migrants lors de leur traversée pour rejoindre la Grèce de la Turquie

Un début d’année difficile

Le nombre de migrants morts à la frontière entre la Grèce et la Turquie est de plus en plus élevé. Selon le Forum des migrants de Grèce, 512 personnes sont mortes noyées ces trois dernières années en mer Egée, en tentant de gagner la Grèce pour la plupart au départ des côtes turques. En septembre dernier, huit migrants sont morts dans le naufrage de leur barque, près de l’île de Lesbos. Début janvier, 17 migrants ont été retrouvés morts près du port d’Alexandroupolis. La traversée via la mer Egée constitue un danger important pour les migrants. La frontière terrestre, la région de la rivière Evros est elle aussi un point de passage dangereux : depuis 1974, le long de la frontière est jonché de mines. Entre 2000 et 2006 près de 90 personnes ont trouvées la mort à cette frontière, la plupart était des migrants. La frontière gréco-turque tue de plus en plus les migrants qui tentent le passage.

Quelles réponses de l’Union européenne ?

A la suite de la tragédie de ce janvier, Eric Besson, ministre français de l’Immigration, a émis un communiqué de presse. Dans ce communiqué, il dénonce les « filières clandestines » et presse l’Union européenne d’agir en renforçant le contrôle de ses frontières. Il met en avant sa volonté de mettre en place « des vols conjoints financés par l’agence Frontex - Agence européenne de surveillance des frontières - pour des opérations groupés au niveau européen. » Ainsi, la réponse à la mort de nombreux migrants est une politique encore plus sécuritaire. Or, c’est cette même politique qui amène les migrants à emprunter des routes plus dangereuses qui mettent en péril leurs vies. La sécurisation de la frontière entre la Grèce et la Turquie est une priorité pour l’Union européenne. L’agence Frontex veut se renforcer dans la région. Selon Frontex, 59% du nombre d’arrivées qu’elle considère comme « illégales » dans l’UE par la mer viennent de l’est de la mer Egée et les îles les plus touchées sont Lesbos, Chios, Samos, Leros et Patmos, près des côtes occidentales de la Turquie. Les statistiques données par Frontex observent une augmentation de 47% des migrants en détention au cours des six premiers mois de l’année 2009. La région de la mer Egée représente donc un point stratégique pour l’Agence qui souhaite une plus grande coopération de la part de la Turquie. La Grèce presse également la Turquie de s’impliquer plus intensément dans la surveillance de ses frontières. En septembre 2009, un hélicoptère lituanien appartenant à l’agence Frontex a capturé des images d’un bateau pneumatique transportant 24 migrants en direction de l’île de Farmakonisi. Ce bateau pneumatique était suivi d’un bateau de la garde côte turque qui n’est pas intervenu pour empêcher la traversée vers l’île grecque. Cet évènement est pris pour cible par les pays européens et la Grèce pour dénoncer la passivité de la Turquie. L’accord de réadmission fait également parti des sujets de tension avec la Grèce (http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/spip.php?article65). La Turquie ne souhaite pas devenir la « poubelle » de l’Union européenne. Elle veut des garanties en échange de sa coopération, notamment en ce qui concerne les facilitations de visas pour ses ressortissants qui veulent se rendre en Europe et également en ce qui concerne une contribution financière plus élevée. L’Union européenne participe déjà au financement de projets tels le « Integrated Border Management Project » qui a pour but d’aider la Turquie à mettre en place l’acquis communautaire en matière de sécurisation des frontières. Il s’agit d’instaurer des dispositifs de contrôles par le financement de technologies, des caméras thermiques ou des bateaux de contrôle plus rapide lors d’interceptions maritimes aux frontières avec la Grèce.

Assisterons-nous à une évolution dans les relations entre la Turquie et l’Union européenne en 2010 ? L’Union européenne presse la Turquie de collaborer plus étroitement dans la surveillance de ses frontières et d’appliquer l’accord de réadmission avec la Grèce, dans la perspective d’un accord global avec l’Union européenne. Cette collaboration se fait au détriment de la vie des migrants, prêts à risquer leurs vies pour rejoindre l’Union européenne, comme le montre les dernières tragédies.




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