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« Le train pour l’Europe » détourné à la frontière avec l’Allemagne Près de 200 réfugiés et demandeurs d’asile ont été arrêtés à la frontière germano-polonaise alors qu’ils allaient manifester à Strasbourg. Ils voulaient protester contre de nombreux rejets de demandes d’asile et contre les mauvaises conditions d’accueil en Pologne. Après le détournement du train, les manifestations ont éclaté dans un centre de réception en attirant l’attention du gouvernement.
Manifestations à la frontièreLe 15 décembre dernier, les réfugiés et les demandeurs d’asile majoritairement des ressortissants de deux républiques russes (Ingouchie et Tchétchénie), ainsi que de la Géorgie ont quitté le centre de réception à Radom. Sans billets et sans documents, ils ont pris le train avec l’intention d’aller protester contre les mauvaises conditions d’accueil auprès du Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg. A une centaine de kilomètres de l’Allemagne, ils ont été dénoncés par les contrôleurs. Ceux-ci ont fait arrêter une première fois le train avant de le faire immobiliser définitivement à la frontière. Mais les passagers ont refusé de descendre et sont restés dans le train pendant six heures. Collés aux fenêtres de leur wagon, ils ont déplié leurs banderoles : « SOS », « we are people » et « stop beating oppression » pour appeler à l’aide. Les réfugiés en grève de la faimQuand les migrants sont finalement descendus à quai, ils ont été, dans la plupart, emmenés dans le centre de réception de Debak. La loi indique que les réfugiés ne peuvent pas quitter le territoire du pays d’accueil lorsqu’ils sont en procédure. Ceux dont les demandes d’asile avaient déjà été rejetées ont été emmenés dans les centres de déportation et centres de rétention surveillés. Aujourd’hui, ils risquent d’être expulsés vers leurs pays d’origine. A Debak, les migrants ont été en grève de la faim pendant près d’une semaine. Ils ont demandé la libération des réfugiés placés dans les centres de rétention. Ils ont également réclamé l’amélioration des conditions d’accueil et la simplification du traitement des demandes d’asile. De plus, ils ont demandé des excuses publiques de la part du Président auprès tous les réfugiés tchétchènes en Pologne. Commissaire des droits des citoyens s’intéresse à la question des réfugiésAvant le Noël, les migrants ont arrêté la grève, mais les négociations avec le gouvernement continuent. Les grèves des réfugiés ont attiré cette fois ci l’attention du Commissaire des droits des citoyens polonais. Il surveille actuellement la situation dans le centre de réception de Radom où les migrants ont habité avant les manifestations. D’après les informations fournies par l’agence de presse polonaise (PAP), le Commissaire veut savoir pourquoi il y a actuellement autant de rejets de demandes d’asile en Pologne et selon quels critères on décide qu’un migrant ne peut pas être protégé. Une commission spéciale doit bientôt analyser cas par cas les demandes d’asile rejetées récemment. Outre l’amélioration de la politique d’asile, il faut faire évoluer les programmes d’intégration. Les organisations d’aide aux migrants soulignent que la durée du programme, n’excédant pas un an n’est pas suffisant pour préparer les migrants à une vie indépendante. Les discriminations de la part de la société sont fréquentes ce qui rend encore plus difficile de trouver un travail ou un logement. Les mobilisations augmentent la prise de conscience publiqueDepuis l’entrée dans le programme des protections des frontières Schengen, la Pologne est devenue une destination privilégiée pour les demandeurs d’asile qui considèrent ce pays plutôt comme un transit pour rejoindre d’autres pays de l’Union. La société polonaise n’a pas encore pris pleinement conscience de ce nouveau statut du pays. Il faut dire que de nombreuses populations en Pologne demeurent elles-mêmes très paupérisées et ne survivent que grâce à un réseau de solidarité familiale développé ou, très souvent encore, à l’émigration de travail. Par ailleurs, les questions de l’immigration et des droits des étrangers n’ont jamais été une priorité politique. En effet, la situation des migrants est mal connue du grand public. Les médias n’en parlent pas, sauf accident, révolte, incendie, comme cela a déjà été le cas l’été dernier. A ce moment là, les grèves des réfugiés géorgiens retenus dans le centre de déportation de Biala Podlaska (Nord-Est) ont été largement médiatisées. Cette fois ci, même si les réfugiés n’ont pas réussi à aller jusqu’à Strasbourg, les mobilisations ont joué un rôle important dans la prise de conscience publique de la discrimination des étrangers et de la défense de leurs droits fondamentaux. |
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