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L’interdiction du parti DTP ravive les tensions en Turquie Le 11 décembre dernier, la Cour Constitutionnelle turque a dissous le Parti pour une société démocratique (DTP) créé en 2004, pour ses liens présumés avec la rébellion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie.
Cette décision, prise à l’unanimité, fait suite à une procédure lancée en 2007 par le procureur de la Cour de cassation. Le président de la Cour a expliqué que le DTP était devenu « un centre d’activités mettant en péril l’unité de l’Etat par ses liens avec des activités et des organisations terroristes. » La Cour constitutionnelle a également pris la décision de bannir de la vie politique, pour cinq ans, 37 responsables de ce parti, dont son leader et député Ahmet Türk. Le DTP compte près de 21 députés au Parlement et dirige 99 municipalités. Il est le 27e parti à être fermé en Turquie, depuis la création de la Cour constitutionnelle par la Constitution de 1961. En Turquie, les partis politiques sont fréquemment dissous en application de décisions de la Cour constitutionnelle. En juillet 2008, le Parti de la justice et du développement (AKP), parti au pouvoir, avait frôlé la dissolution, au motif qu’il avait des activités considérées comme anti-laïques. Cette plainte n’avait toutefois pas reçu le soutien de la majorité requise des juges. Cette interdiction intervient cinq jours après la mort de sept soldats dans un attentat revendiqué par une branche du PKK. Elle met en péril « l’ouverture démocratique » lancée par le gouvernement Erdogan (du parti AKP) envers la communauté kurde en proposant une série de mesures renforçant ses droits, notamment l’identité culturelle des Kurdes et la défense des droits de l’homme dans le Sud-Est de la Turquie. Plusieurs mesures ont été annoncées comme la création d’une commission indépendante chargée de traiter les plaintes pour atteintes aux droits de l’homme ou l’autorisation d’utiliser la langue kurde dans la vie politique. Le Premier ministre Erdogan a réagi à l’interdiction le 14 décembre "Notre position hostile à l’interdiction du DTP est claire. Nous sommes contre la dissolution des partis politiques. Nous pensons que des individus peuvent être punis, mais pas l’identité (d’un parti)". Depuis vendredi, les manifestations pro-kurdes se multiplient en Turquie, principalement à Diyarbakir. Dimanche des affrontements ont eu lieu entre des pro-kurdes et des nationalistes turcs. Deux jeunes manifestants kurdes ont été tués par balle hier dans le Sud-Est de la Turquie hier. Les réponses policières à ces manifestations sont violentes. De son côté l’Union européenne, par l’intermédiaire de la présidence suédoise, a exprimé son inquiétude : "La dissolution d’un parti politique est une mesure exceptionnelle qui doit être décidée avec précaution. L’Union européenne appelle la Turquie, pays qui négocie son adhésion (à l’UE), a prendre les mesures constitutionnelles pour mettre sa législation sur les partis politiques en conformité avec les règles européennes", conclut la présidence suédoise. Le DTP a annoncé la poursuite de ses activités au sein d’une nouvelle formation, le Parti de la paix et de la démocratie (BDP). Ce nouveau parti sera-t-il voué au même destin ? Liens vers des articles : http://www.amnestyinternational.be/... http://www.turquieeuropeenne.eu/art... http://www.lemonde.fr/europe/articl... |
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