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Maroc et dynamique d’égalité des genres Depuis deux mois, le réseau IDD (Immigration Développement Démocratie), l’IFAD (Institut de Formation des agents de développement de Rabat) et l’association Touya pour l’initiative féminine, se sont engagés ensemble dans un projet commun. L’un des objectifs principaux est de renforcer les capacités des associations villageoises marocaines et de faciliter leur mise en réseau. Sa réalisation se traduit notamment par une formation collective de 25 acteurs associatifs, qui intègre pleinement la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes. En effet, face au constat d’inégalités importantes au Maroc, il est apparu essentiel d’intégrer au projet, la dimension d’ « égalité des genres ».
Le contexte marocain en quelques chiffresAu Maroc, les femmes vivent dans des conditions socio-économiques parfois difficiles, surtout dans le milieu rural. Elles sont particulièrement touchées par l’analphabétisme et le manque de formation professionnelle. En 2007, le taux d’alphabétisation au Maroc était estimé à 47,3% chez les femmes contre 70,6% chez les hommes. Les conditions de scolarité défavorables dans les écoles rurales, comme par exemple l’absence de toilettes, entrainent un faible taux de scolarisation des jeunes filles. Côté emploi, les femmes ne représentent que 27,2% de la population active marocaine. Ce taux est situé parmi les cinq plus faibles de la région Afrique du Nord et Moyen Orient. La représentation politique s’avère également très faible : les femmes sont 84 sur 24600 conseillers communaux, soit 0,34%. Depuis 2007, elles sont sept ministres au gouvernement et représentent 10.5% du Parlement marocain. Le Maroc connaît toutefois des avancées significatives concernant l’égalité entre les hommes et les femmes. A titre d’exemple, en 2004, la réforme du code de la famille au Maroc a marqué un changement important concernant la liberté et les droits de la femme. Elle est à présent responsable de sa famille au même titre que son mari et ne lui doit plus l’obéissance. A l’image des associations du réseau IDD telles que Touya de la ville d’Al Hoceima ou l’association des femmes de Dades, de nombreuses structures marocaines militent pour faire reconnaitre les droits des femmes. Mais l’enjeu au Maroc se situe également dans la reconnaissance de leurs savoir-faire et la valorisation de leur travail. Dans le milieu rural en particulier, les femmes ont un rôle majeur dans l’agriculture ou l’artisanat, mais leur travail n’est pas ou peu reconnu. Les femmes dans le projet IDD/IFAD/TouyaLundi 7 décembre 2009, à Rabat - 25 personnes représentant une vingtaine d’associations marocaines villageoises arrivent des quatre coins du Maroc. Elles s’apprêtent à entamer la deuxième session de la formation-action mise en place par IDD, l’IFAD et Touya dans le cadre de leur projet commun. Parmi ces 25 personnes, 13 sont des femmes. En effet, le choix des participants à cette formation s’est effectué de manière à privilégier la participation féminine. Il s’agit par là d’assurer la mixité et de promouvoir l’égalité entre les genres. Les associations porteuses du projet estiment, qu’il ne peut y avoir de développement durable et équitable, sans la prise en compte et la participation des femmes. Cette semaine de formation a porté sur « le diagnostic participatif et sensible au genre ». Le concept de « genre » fait référence aux constructions sociales liées au statut de l’homme et de la femme dans une société. Contrairement aux caractéristiques de « sexe », qui sont innées et biologiques, l’« approche genre » permet de s’interroger sur les représentations, les attitudes et les comportements, qui fondent les inégalités entre les hommes et les femmes. Il s’agit également de se questionner sur leurs interactions et leurs rapports sociaux. Pour l’un des premiers ateliers de la semaine, les 25 participants se sont regroupés par région d’origine. L’exercice consistait à lister les tâches attribuées et effectuées par les hommes et par les femmes au cours d’une journée, dans leur village. La restitution collective qui s’en est suivi a permis la libre expression de chacun. Très vite, le débat s’est engagé, dans un certain malaise au départ puis dans les rires ensuite. Les uns et les autres ont pu confronter leur vision du rôle de l’homme et de la femme, ce qui a constitué une base de travail très intéressante. Le genre sera une dimension transversale dans les contenus de toute la formation que vont suivre ces 25 personnes durant une année et demi. Intégrer l’ « approche genre » dans toutes les étapes des projets de développement apparaît essentiel pour assurer efficacité et égalité. Sources : Enquête nationale sur l’emploi, Haut commissariat au Plan Rapport national 2007 PNUD, Programme des Nations unies pour le Développement |
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