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Rabat : crise des transports en commun marocains Début 2009, la Wilaya (région) de Rabat a délégué la gestion des autobus au groupe franco-marocain Stareo, censé moderniser les transports urbains de la région. Pourtant, les difficultés de déplacement rencontrées dans la capitale marocaine depuis plusieurs semaines, suscitent la colère des rabattis, tributaires des transports collectifs.
Vers une modernisation des transports publics ?Le 26 février 2009, le groupe franco-marocain Stareo, avec comme chef de file Veolia Transport, et trois des huit opérateurs de transports locaux, a remporté le contrat de gestion exclusive des transports collectifs par autobus des villes de Rabat, Salé et Temara, avec pour objectif principal : la restructuration et la modernisation du système de transport public, plutôt vétuste au Maroc. Ce monopole des opérateurs de transport, entré en vigueur le 1er Novembre 2009, doit permettre l’amélioration de la qualité du parc autobus et du service aux usagers (ponctualité, disponibilité, sécurité, information des voyageurs), ainsi qu’une meilleure desserte. Le groupe Veolia, qui gère déjà le service concédé de la distribution d’eau, de l’électricité et de l’assainissement, renforce ainsi sa présence à Rabat et de façon plus générale, au Maroc. Pour mener à bien son projet de modernisation, Stareo a prévu un investissement d’un milliard de dirhams (soit près de 9 millions d’euros). L’objectif est de renouveler une partie du parc des bus par l’acquisition de véhicules neufs répondant aux normes environnementales internationales, installer un réseau de couloirs de bus et équiper 1 500 arrêts de bus. Stareo s’est aussi engagé à intégrer 3 200 employés travaillant actuellement dans les huit sociétés de transport en commun de la région. La précarisation des salariés du secteurSuite à cette décision des autorités de déléguer la gestion exclusive des transports en commun à une seule société, le mois d’octobre a été marqué par des grèves et des sit-in de protestation menées par les employés des cinq autres sociétés de transport qui n’ont pas été intégrées dans le groupe Stareo. Les revendications, d’ordre social, portaient principalement sur le recrutement et ses modalités. Bien que Veolia ait promis d’embaucher 3 200 personnes, des centaines d’employés des sociétés non adhérentes vont être licenciés, notamment les hôtesses et les contrôleurs qui ne vont pas tous être réembauchés. Les employés ont manifesté aussi pour la protection des avantages acquis qui risquent de disparaître avec les nouveaux contrats proposés par Stareo. Les transports clandestins s’organisentFace à la pénurie de bus, les habitants de Rabat ont été obligés de trouver des solutions alternatives pour pallier le déficit de transports publics. Des pick-up, des camionnettes ou des taxis collectifs proposent de remplacer les bus en suivant leur itinéraire pour le même tarif. Des particuliers s’arrêtent parfois sur le bord de la route pour « dépanner » leurs concitoyens. Il est aussi possible de se déplacer en taxi, encore faut-il en trouver un… Dans certains quartiers où il y a une forte demande, les files d’attente sont longues. Il n’y a pas suffisamment de taxis pour tout le monde et le tarif est de deux à cinq fois plus élevé que celui du bus. Certains chauffeurs de taxis n’hésitent pas à augmenter leurs tarifs et les autorités ferment les yeux sur ces pratiques. Il reste enfin la solution de marcher, quand les distances le permettent. Les problèmes de transport continuentA compter du 1er novembre, les habitants de la région s’attendaient à ce que leurs souffrances inhérentes aux grèves prennent fin. Malheureusement, à ce jour, les problèmes de transports publics ne sont toujours pas réglés : le parc de transport est fortement réduit et aucun aménagement particulier n’est visible. A cela s’ajoute les problèmes de circulation engendrés par les travaux de construction du tramway, débutés début 2008, et qui bloquent les principales artères de la ville, provoquant des embouteillages importants. L’insuffisance voire l’absence de bus, les heures d’attentes, les bus bondés… sont devenus le quotidien des habitants. Les ouvriers et les étudiants sont les plus touchés par cette problématique. Des nouvelles manifestations ont eu lieu mi-novembre pour dénoncer la mauvaise gestion des transports urbains. Les clauses du contrat signé par Veolia n’ont pas été respectées à savoir : le nombre de bus a diminué (l’acquisition des nouveaux bus ayant pris du retard, la mise en circulation de nouveaux bus démarrera le 1er janvier 2010), aucun abribus n’a été construit, les cartes d’abonnement pour les étudiants et les fonctionnaires n’ont pas été mises en place, des employés ont été licenciés. Pour l’instant, le groupe Veolia préfère parler de la qualité des futurs bus et du service qui sera alors rendu plutôt que d’évoquer des solutions alternatives pour pallier au manque évident de bus. Il ne nous reste donc plus qu’à prendre notre mal en patience et attendre le 1er janvier prochain. Affaire à suivre… |
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