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Roumanie / Droits des étrangers /

Entretien avec Violaine. Destination Roumanie
15 novembre 2009 par Laure

Violaine part en mission à Bucarest pour le réseau Migreurop Elle va travailler sur les questions de politiques migratoires et sur la situation des migrants en Roumanie. Au-delà des apparences, douce et sereine, se cache une jeune femme très engagée.

La France, l’Allemagne, le Qatar, l’Italie, la Roumanie, tu es d’ici et d’ailleurs n’est-ce pas ?

Oui, pour des raisons familiales, j’ai vécu dans plusieurs pays. J’ai eu la chance de connaître des sociétés très différentes, d’apprendre plusieurs langues, de m’ouvrir aux autres cultures. Mais aussi, j’y ai vu des inégalités fortes, des situations d’injustice. Je me suis donc engagée dans diverses causes : le féminisme, l’égalité des droits, la cause du Tibet. J’ai milité dans un groupe de jeunes d’Amnesty International à Strasbourg. On organisait des campagnes sur les violences faites aux femmes, la scolarisation des enfants Rroms dans les Balkans, etc. Aujourd’hui, ce qui me touche le plus, ce sont les questions d’immigration.

Comment t’es-tu intéressée à ces questions de politiques migratoires ?

Lorsque j’ai vécu au Qatar, j’ai découvert une société très cloisonnée où les différentes communautés (il y a 90% d’étrangers là-bas) ont peu de contact. J’ai découvert la situation d’immigrés exploités, rejetés. Cela a été pour moi une période de révolte intérieure. Et puis, pendant mon année Erasmus en Italie, j’ai également été choquée par le racisme ambiant à l’encontre des immigrés albanais, marocains, etc. Je retrouvais une société qui, elle aussi, maintient les étrangers à l’écart. Je me suis finalement spécialisée dans le droit européen. Pour moi, c’était au niveau législatif qu’il fallait faire évoluer les choses. J’ai également fait un stage au GISTI, une association qui dispense de l’aide juridique aux étrangers. J’y ai suivi entre autres des personnes sans-papiers, ce qui m’a permis de rencontrer des gens, de parler de leur situation.

Dans quelques jours, tu t’envoles pour Bucarest, as-tu une idée de ce que tu vas découvrir là-bas ?

J’ai déjà vécu trois mois en Roumanie, lors d’un stage. C’est un pays en effervescence, qui bouge énormément. Cette fois, je pars en mission pour Migreurop, un réseau de 40 associations présentes dans 13 pays d’Europe et d’Afrique, qui analyse les politiques migratoires. Je serai intégrée, à Bucarest, au sein du Jesuit Refugee Service, qui intervient sur tous les continents auprès des personnes déplacées. J’aurai pour mission de faire un état des lieux des politiques migratoires roumaines. Je vais rencontrer des migrants, recueillir des témoignages sur leur parcours migratoires. J’ai beaucoup de choses à découvrir là-bas. J’espère acquérir une connaissance concrète du terrain et puis apprendre le roumain. Je crois que les choses bougent là-bas sur le plan des migrations et c’est important d’en témoigner. Pour une fois, grâce à cette mission, je ne ferai pas que vivre à l’étranger, mais je serai aussi actrice du changement.

Qu’attends-tu de ce nouveau séjour à Bucarest ?

J’espère améliorer ma connaissance de la langue et de la société roumaine. Et faire de belles rencontres !




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