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Diane est de retour ! Direction le Maroc.
Diane est très impliquée dans la défense des droits des étrangers, et plus particulièrement des personnes en situation d’errance. Après quelques mois passés en Belgique à la rencontre des exilés, et une expérience professionnelle pour le moins déroutante, elle repart pour un an au Maroc, à la rencontre des migrants subsahariens.
Comment s’est passé ton retour de Belgique ?
Après avoir sillonné les routes de Belgique à la rencontre des migrants lors d’une première mission avec Echanges et Partenariats en 2007, je suis rentrée avec une envie forte de m’engager davantage dans la défense des droits des étrangers. Dès mon retour, je suis alors devenue membre du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) et du Collectif de soutien des exilés du 10ème arrondissement de Paris. J’ai rapidement trouvé un poste dans un cabinet d’avocats spécialisé en droit des étrangers. Ce cabinet était sollicité par des entreprises souhaitant recruter des collaborateurs à l’international. En fait, mon travail s’inscrivait clairement dans le cadre de la politique de l’immigration choisie et j’ai vite déchanté ! Ce travail était bien loin de mes convictions personnelles. Néanmoins, cela m’a permis de voir une autre facette du droit des étrangers et aussi d’en connaître les procédures. J’ai tenu huit mois et puis j’ai fini par démissionner pour chercher du travail dans le milieu associatif.
Qu’est-ce qui t’a alors amenée à vouloir partir au Maroc ?
En avril dernier, libre de toute contrainte, j’ai proposé au Gisti de participer à ses côtés à une mission d’enquête sur la situation des migrants subsahariens au Maroc pour le rapport de Migreurop intitulé « Les frontières assassines de l’Europe ».
J’ai passé quinze jours au Maroc, principalement à Oujda, située à 15 kilomètres de la frontière avec l’Algérie. De par sa situation géographique, le Maroc est un pays de transit vers l’Europe pour de nombreux migrants d’origine subsaharienne. L’Union européenne fait pression sur le Maroc pour qu’il empêche les migrants d’atteindre le territoire européen. Son action se traduit principalement par le contrôle de la frontière et des rafles au faciès qui sont suivies par des refoulements systématiques à la frontière algérienne. A travers les entretiens que nous avons menés auprès des migrants et des acteurs associatifs, notamment le GADEM (Groupe Antiraciste d’accompagnement et de Défense des Etrangers et des Migrants), nous avons pu constater que les violations des droits des migrants étaient multiples et quotidiennes. La situation des personnes rencontrées m’a particulièrement touchée. Presque tout reste à faire en matière de lutte pour la défense de leurs droits et j’ai eu envie de m’impliquer dans ce combat.
En quoi va consister ta mission à Rabat ?
Je vais rejoindre l’équipe du GADEM, jeune association marocaine créée en 2006 dont l’objectif est de contribuer à la mise en œuvre effective des droits des étrangers et des migrants au Maroc à travers notamment une approche juridique et des actions de plaidoyer. Comme le Gisti, elle utilise l’outil juridique au service des revendications politiques.
Bien que je connaisse un peu le contexte marocain, je vais devoir dans un premier temps me familiariser avec la législation et les procédures marocaines, le meilleur moyen étant de se lancer dans l’étude des dossiers individuels des migrants. A travers ce suivi individuel, l’idée est aussi de contester les décisions défavorables prises à l’encontre des migrants devant le tribunal afin d’obtenir des jugements positifs. Les autres migrants pourront ainsi s’appuyer sur ces derniers pour faire valoir leurs droits. Une partie de mon travail consistera aussi à participer à la rédaction d’outils d’informations juridiques et aux actions de sensibilisation et de formation des différents acteurs (avocats, associations, communautés de migrants…) en lien avec le Gisti.
Et après ?
Idéalement, j’aimerai trouver un poste de juriste en droit des étrangers dans le milieu associatif. Malheureusement, les choses n’ont pas beaucoup changé depuis deux ans et les places sont toujours aussi rares ! Peut-être que cette expérience au Maroc m’ouvrira d’autres portes ou suscitera d’autres envies… A suivre.
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