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Suède / Droits des étrangers /

L’interview de Arvid, avant son départ pour Stockholm
12 novembre 2009 par Elodie

En habitant dans les locaux de la Confédération Paysanne avec des paysans faucheurs pendant la formation, Arvid s’est préparé à retourner en Suède pour participer et influencer le débat sur les droits des sans-papiers.

Elodie : Arvid, c’était quoi ta vie avant d’arriver à Echanges & Partenariats ?

Arvid : Au printemps, quand j’ai terminé mon cycle universitaire en Suède, c’était la première fois que je n’avais rien de prévu, je ne savais pas ce que j’allais faire. Mais travailler dans une ONG était une de mes envies. J’ai étudié les Relations Internationales et avec cette mission c’est la première fois que je vais passer de la théorie à la pratique. J’ai déjà passé un an en France, à Nice, mais depuis, j’étais retourné vivre à Stockholm donc je vais y retourner et je n’aurai, à priori, pas de problème d’adaptation. En même temps, j’aurais aussi aimé aller dans un pays francophone et j’espère qu’un jour je le ferai. J’ai appris le Français pendant mon séjour à Nice et j’ai ensuite continué à l’étudier à mon retour en Suède. L’idée de vivre un peu à Paris me plaisait également et c’est d’ailleurs ce que je fais en ce moment, pendant le mois de formation Echanges & Partenariats.

Elodie : Quel regard portes-tu sur le milieu dans lequel tu es aujourd’hui et sur la France en général ?

Arvid : En France j’ai l’expérience de Nice et Paris, qui ont d’ailleurs des similitudes : ce sont des villes très touristiques et il y a une vraie séparation entre les centres et les banlieues, une sorte de ségrégation. Ce sont aussi des villes aux identités fortes. L’intérêt aujourd’hui, est d’être immergé dans le milieu militant, qui m’intéressait déjà auparavant, notamment concernant les questions d’alimentation. J’étais passionné par les mouvements qui existaient dans le Sud Ouest de la France, les luttes engagées par les paysans ou les particularismes basques par exemple. La notion de désobéissance civile m’avait beaucoup intéressé quand j’étais étudiant. Pour moi, la France a toujours représenté une forme particulière de résistance. Etre logé à la Confédération Paysanne pendant la durée de la formation a donc été une superbe expérience. Le week-end dernier on a bu « la bière des faucheurs d’OGM » à 10h du matin avec les amis de la Confédération. Là-bas j’ai assisté à des discussions vives et animées, ce qui est beaucoup plus rare en Suède. En France, le débat politique est souvent virulent. Ici, il faut faire du bruit pour être entendu. Et ça marche. Cela peut être double tranchant car du coup, chez vous, l’extrême droite a aussi la possibilité d’exprimer ses idées.

Elodie : tu es végétarien, est-ce que c’est une autre forme d’engagement politique pour toi ?

Arvid : Oui, absolument, c’est aussi un engagement politique. On n’a pas besoin d’adhérer à un parti pour influencer le débat politique. Moi j’ai fait ce choix dans le souci de prendre position vis-à-vis de l’industrialisation de l’alimentation et des modes de production actuels. L’industrie agro-alimentaire aux Etats-Unis et en Europe a un effet désastreux sur l’ensemble du monde et sur l’évolution du climat notamment. Ensuite, à un niveau éthique, j’estime que nous, les hommes, n’avons aucun droit sur les animaux ; ni celui de leur infliger la peur et la souffrance que nous-mêmes ne supportons pas, ni celui de les tuer pour les manger.

Elodie : Et ta mission à Stockholm, en quoi va-t-elle consister ?

Arvid : Je vais travailler avec Médecins du Monde pour promouvoir l’accès aux soins des étrangers sans-papiers. En Suède, il n’y a pas un aussi grand nombre de personnes touchées par la pauvreté qu’en France et même si cela reste préoccupant, il est tout de même possible de régler les problèmes que ces personnes rencontrent. Mais les étrangers sont encore exclus du système et donc du système de soins. Selon moi, c’est plus largement une question de droits de l’Homme. Le véritable enjeu est l’égalité entre les personnes qui vivent en Suède. Pendant ma mission, j’aimerai réussir à organiser un événement national avec des politiques, des ONG et différents acteurs afin de sensibiliser l’opinion sur ces questions. Il y a aussi des idées à déconstruire, comme celle que les étrangers viennent en Suède pour se soigner. C’est faux. En Suède les migrants sans papiers viennent de pays comme l’Iran, l’Irak ou la Somalie, les raisons d’émigrer sont bien plus complexes que cela. Il s’agira donc de suivre les débats suédois et de voir quelles questions sont posées. Ensuite, permettre de clarifier la loi suédoise vis-à-vis de l’accès aux soins pour les étrangers.

Elodie : Tu attends quoi de cette expérience ?

Arvid : J’espère pouvoir faire comprendre le débat sur les sans-papiers en Suède et contribuer à en faire une question importante dans les débats de la société civile suédoise avant les prochaines élections, en septembre 2010. De plus, travailler pour une ONG va me permettre d’avoir une expérience dans ce milieu ; cela me permettra aussi suivre les relations entre des partis politiques et la société civile et en même temps, faire du plaidoyer pour une chose absolument nécessaire.




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