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Niger / Droits des étrangers /

Interview de Elodie
13 novembre 2009 par Arvid

Après la formation à Paris, Elodie se prépare pour sa mission au Niger. Elle part avec la Cimade pendant un an pour travailler sur la défense des droits des migrants qui, sur place n’est pas la priorité des institutions politiques.















Elodie

Arvid : Pourquoi le Niger ?

Elodie : J’ai déjà fait un stage au Niger, pendant six mois, au centre culturel français et même si c’était très intéressant, je ne me suis pas sentie à l’aise dans le milieu des expatriés. Le système de différentiation des salaires entre Français et Nigériens est vraiment injuste. Les salaires des employés nigériens sont évidemment beaucoup moins importants, ceux des employés français pouvant être dix fois supérieurs, même à compétences égales. En dehors du travail, les différences de niveau de vie sont également criantes.
J’ai donc décidé de reprendre mes études pour travailler sur les relations entre le Niger et la France. Je suis historienne et les relations entre l’Afrique et la France m’intéressaient depuis longtemps. Je me suis notamment penchée sur la décolonisation et l’indépendance en 1960, en passant de longues heures à éplucher les archives et à récolter les témoignages des différents acteurs, en France et au Niger. J’ai d’ailleurs envie de continuer à essayer de mieux comprendre le système de relations entre les deux pays ainsi que tout se qui se cache derrière.

Arvid : Et pour communiquer, comment tu vas t’y prendre ?

Elodie : Le Niger est francophone mais on y parle beaucoup de langues que je ne parle pas. Je peux communiquer en français évidemment puisque c’est la langue officielle, et aussi un peu en haoussa - la langue la plus répandue - que j’ai commencé à apprendre. C’est une langue très compliquée mais l’équipe avec laquelle je vais travailler, au sein de l’association Alternative, parle haoussa et j’espère pouvoir en profiter pour m’améliorer.

Arvid : Quelle va être ta mission au Niger ? Et quelles sont tes attentes ?

Elodie : Je vais travailler sur les droits des migrants. Traditionnellement, les migrations nigériennes ne vont pas en direction de la France. Il y a très peu d’émigrés nigériens en France. C’est surtout un pays de transit, une zone de passage pour les migrants qui vont en Europe ou en Afrique du Nord. Ces migrants viennent de différents pays, comme le Nigeria, le Cameroun etc. et leur situation au Niger est souvent dramatique. Ils sont victimes des refoulements pratiqués par la Libye ou d’abus de la part de certains policiers qui taxent les migrants aux postes de contrôle. La situation économique des Nigériens est elle aussi dramatique, ce qui explique ces pratiques. Il y a donc énormément de choses à faire pour que la situation évolue dans un meilleur sens.
C’est aussi le voyage en lui-même qui me plait dans cette mission. J’aime voyager et même si je connais le Niger je vais pouvoir découvrir d’autres régions. Celles qui sont traversées par les migrants par exemple et qui sont plutôt éloignées de la capitale, Niamey, où se trouve Alternative, l’association qui m’accueille.

Arvid : Alternative, c’est quoi exactement ?

Elodie : Alternative, c’est à la fois une structure associative et un média alternatif, puisqu’il regroupe une radio communautaire et un journal hebdomadaire. C’est aussi un pôle important de la société civile au Niger, très actif dans les mobilisations citoyennes autour des questions de liberté d’expression, de souveraineté alimentaire et des problématiques migratoires.
Je sais que travailler avec l’équipe d’Alternative va être très différent de mes recherches universitaires en histoire mais, en même temps, le fait d’avoir étudier les rapports entre les deux pays me permets de constater qu’ils partagent l’incompétence à traiter humainement les migrants. C’est d’autant plus révoltant en ce qui concerne la France, qui a beaucoup plus de moyens que le Niger et qui ne fait pourtant que développer des politiques sécuritaires et répressives.
Donc, bien que je parte d’un pays européen pour un pays africain, la problématique reste la même.




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