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Maroc / Mobilisations citoyennes /

Maroc : bénévolat ou volontariat ?
3 août 2010 par Laure

Au cours des 15 dernières années, le Maroc a connu une forte mobilisation de la société civile au service de l’amélioration des conditions de vie des populations. Le secteur associatif s’est largement développé et on estime aujourd’hui entre 30 000 et 50 000 le nombre d’associations marocaines. Mais en réalité, il existe peu d’éléments précis concernant ce tissu associatif. On ignore le nombre d’associations, le nombre d’adhérents, de bénévoles, de volontaires ou de salariés. Et pour cause, les barrières entres ces différentes notions sont très floues.

Le bénévolat et le volontariat sont deux concepts distincts, qui ont pourtant de nombreuses caractéristiques communes : notion d’engagement, de manière libre, d’absence de salaire et dans un but d’intérêt collectif. Dans la langue arabe, il n’existe qu’un seul mot pour désigner à la fois le volontariat et le bénévolat : « tatawae », ce qui est aussi le cas en anglais : « volunteering ». Cet élément sémantique crée déjà une première confusion sur le sens de ces deux concepts. Au Maroc, le bénévolat et le volontariat ne sont définis dans aucun texte législatif. A la différence de la France, il n’existe pas non plus de cadre légal du volontariat, pas de statut juridique ou de contrat de volontaire. Le bénévolat marocain est une pratique qui renvoie à des formes très anciennes d’entraide et de solidarité collective et communautaire et qui a une sorte de connotation sacrée. Dans de nombreuses associations, et en particulier dans les petites structures et dans le milieu rural, les « permanent(e)s » des associations sont rarement salariés. Ils n’ont pas de contrat mais perçoivent une « compensation » ou « indemnité » qui parfois, ne dépasse pas les 1 000 dirhams (environ 95 euros) par mois, pour un travail à temps plein.

Bénévolat et volontariat à l’étude

Une première étude sur le bénévolat et le volontariat au Maroc a été réalisée par le PNUD en 2005. Récemment, le Carrefour associatif, réseau d’associations marocaines qui oeuvrent dans le domaine du développement socio-économique, a mené une étude sur « l’engagement bénévole et volontaire des jeunes et l’action associative au Maroc ». Cette étude, conduite en 2009/2010, avait pour objectif de définir les deux concepts et chercher à comprendre quels sont les fondements des différentes pratiques, comment elles s’organisent et évoluent mais également quels sont les facteurs de blocages. Cette étude a montré une incompréhension de la différenciation entre bénévolat et volontariat. Chez certains interviewés, en particulier chez les plus âgés, il est apparu une certaine résistance voire un rejet de cette distinction dans la mesure où le concept de volontariat est « importé » de l’étranger. Le terme « volontariat », est utilisé au Maroc depuis les années soixante avec l’arrivée des premiers volontaires internationaux. Il a également été utilisé à l’occasion de la création de la route de l’Unité en 1957. Ce grand chantier, qui a mobilisé des milliers de jeunes marocains, consistait à construire une route de 70 kms afin de réunifier les anciennes zones du protectorat français et espagnol.

Expérience de Volontariat marocain

Depuis quelques années, le « volontariat marocain » est en phase d’expérimentation, accompagné d’une réflexion sur la notion même de volontariat. Il s’agit à partir des principes du volontariat international de développer une forme adaptée au contexte marocain. Jusqu’à ces dernières années, les volontaires travaillant au Maroc étaient uniquement des étrangers. Avec l’évolution de la société et du milieu associatif marocain, le volontariat national est en train de se concrétiser. On voit se développer un volontariat de pays du « Sud » à pays du « Sud » ce qui constitue une véritable ouverture et une opportunité d’échanges entre les sociétés civiles des différents pays d’Afrique. La « Plate forme marocaine du volontariat » est l’une des premières expériences. Ce projet, piloté et initié début 2008 par l’association française ADICE, dans le cadre du Programme concerté Maroc 2, a réunit un collectif de 10 associations marocaines dans le but de d’expérimenter le volontariat au Maroc. Les objectifs de ce projet étaient de contribuer au renforcement de la citoyenneté active chez les jeunes marocains et de renforcer les capacités du secteur associatif. Au total une cinquantaine de jeunes marocains et français ont effectué des missions de trois mois au sein des différentes associations. Sept marocains ont également effectué des missions de volontariat au sein d’associations en France. Il faut espérer que ce type d’initiatives se développe pour offrir à d’autres jeunes marocains la possibilité de vivre une expérience de volontariat au Maroc ou à l’étranger et permettre le développement d’échanges entre sociétés civiles du Nord et du Sud.

Sources :

Rapport provisoire de l’Etude sur l’engagement bénévole et volontaire des jeunes et l’action associative au Maroc.

http://plateformemarocaineduvolontariat.blogspot.com/

http://www.pnud.org.ma/pdf/Etudevolontariat.pdf




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