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Entretien mi-parcours avec Diane Diane est partie au GADEM, le Groupe antiraciste d’Accompagnement et de Défense des Etrangers et Migrants, au Maroc, sur la thématique droits des étrangers. Elle est au milieu de sa mission et nous livre ses premières impressions et attentes.
Peux-tu m’expliquer le partenariat Gisti/GADEM ? Le GADEM et le Gisti sont deux associations qui utilisent l’outil juridique au service de revendications politiques. La difficulté du Maroc réside dans la quasi absence d’avocats connaissant le droit des étrangers et prêts à travailler sur cette question de manière bénévole. L’idée est de mener des actions contentieuses afin d’obtenir des jurisprudences positives utiles par la suite pour d’autres étrangers. Il est donc nécessaire de sensibiliser les avocats à cette question et de créer un noyau dur prêt à s’investir dans ce domaine. L’intérêt du partenariat est donc de voir comment le Gisti, à travers son expérience sur la question, peut donner des pistes d’actions et de mobilisations. La réflexion est actuellement en cours sur ce point. Est-ce que tu observes des changements au Maroc sur la question des droits des étrangers ? Pas vraiment, ou en tout cas pas de changements positifs. En effet, on constate actuellement une augmentation des violences des autorités marocaines à l’encontre des migrants en situation irrégulière. Les demandeurs d’asile en procédure de pré-enregistrement auprès du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) sont également arrêtés et refoulés à la frontière maroco-algérienne. N’étant pas encore officiellement enregistrés par le HCR, les autorités marocaines ne les considèrent pas comme des demandeurs d’asile. Quelles sont tes activités au sein de l’association Gadem ? Dans le cadre du volet juridique, je participe à la réalisation d’un guide juridique pratique destiné aux associations qui abordera tous les aspects juridiques et pratiques relatifs à l’entrée, au séjour et à la sortie du territoire marocain des étrangers. Un autre guide est également prévu pour les migrants avec le même contenu mais rédigé de manière plus accessible. J’effectue aussi un suivi juridique individuel pour les migrants sur des questions qui peuvent être liées au travail, aux agressions, à l’exploitation, aux arrestations, refoulements, à la demande d’asile. Je participe à des formations à destination d’agents de terrain membres d’associations d’accompagnement sur l’accès aux soins ou encore sur l’asile. Par ailleurs, je m’implique aussi dans les deux autres volets d’activités de l’association qui sont le volet plaidoyer et le volet interculturalité. L’objectif de ce dernier volet est de changer le regard de la population marocaine envers les migrants. Il existe en effet beaucoup de racisme (agressions physiques et verbales à caractère raciste) et de discrimination à l’encontre des subsahariens. Comment envisages-tu la suite de la mission ? Intéressante mais très chargée ! Le travail ne manque pas. Plusieurs ateliers et séminaires vont avoir lieu d’ici la fin du mois de juillet, un premier draft du guide juridique pratique doit également être finalisé pour la même période (sa publication étant prévue en septembre), bien sûr il y aura aussi l’accompagnement juridique individuel, les réunions avec les partenaires, les formations... Comment te sens-tu au Maroc ? Je m’y sens bien. J’ai encore beaucoup à découvrir de la culture marocaine et du pays lui-même. |
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