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Entretien avec Justine de retour de 14 mois au Maroc
19 avril 2010 par Laure

Justine vient de retrouver Paris, après une mission de quatorze mois dans la capitale marocaine, à Rabat. Intégrée au sein de l’association FMAS (Forum des alternatives Maroc), elle revient sur son expérience.

Laure : Tu as consacré la deuxième partie de ta mission à la question des droits économiques sociaux et culturels au Maroc, et en particulier au conseil économique et social, peux-tu nous expliquer comment cela s’est-il concrétiser ?

Justine : Le FMAS avait depuis quelques temps pour orientation de travailler sur la question des DESC (Droits Économiques Sociaux et Culturels) au Maroc. Auparavant, l’association traitait essentiellement des droits civils et politiques, elle s’est rendu compte de la nécessité de traiter des DESC selon une logique d’interdépendance entre les droits humains. J’ai donc travaillé sur l’élaboration d’un document stratégique afin d’intégrer les DESC comme un sujet transversal dans les différents programmes de l’association. J’ai également travaillé sur la rédaction d’un rapport sur les violations des DESC au Maroc en soulignant l’impact des politiques européennes au Maroc.

Nous avons ensuite entrepris d’organiser un séminaire qui avait pour objectif de mobiliser la société civile sur l’absence de Conseil économique et social au Maroc en dépit de son inscription dans la Constitution. Quelques semaines plus tard sortait le projet de loi sur l’instauration de cette instance. Nous avons alors cherché à avoir accès à ce projet de loi afin de l’analyser et se rendre compte des carences de ce projet de loi Nous avons entamé un travail comparatif avec les CES d’autres pays du Maghreb. Le séminaire a été maintenu mais il s’agissait dorénavant d’informer sur le contenu de ce texte de loi, de dénoncer la non-concertation du projet avec les organismes de la société civile puis de proposer des modifications d’amendements.

Cette mission a dû être très enrichissante au niveau professionnel mais également personnel. Que gardes-tu de cette expérience ?

Cette mission m’a permis de rencontrer des gens de différentes associations et syndicats au Maroc et dans d’autres pays du Maghreb. J’ai beaucoup apprécié l’aspect mobilisation et coordination. J’ai également pu acquérir de nouvelles compétences techniques en termes de gestion de projet et d’organisation d’un événement. Il y a aussi l’écriture d’articles sur le site d’EP, qui a été un bon exercice pour transmettre des informations et mes impressions. Enfin, j’ai fait la connaissance d’un groupe de jeunes, étudiants et journalistes, qui travaillent actuellement à la création d’une association. J’ai remarqué chez eux une réelle envie de s’organiser pour faire bouger les choses. Je me suis peu à peu insérée dans ce mouvement. Cette mission m’a finalement apporté un engagement politique que je n’avais pas eu l’occasion d’exprimer en France, ce qui a renforcé mon esprit militant.

Tu es de retour du Maroc depuis peu, quelles perspectives d’avenir se dessinent déjà pour toi ?

J’aimerais continuer à travailler sur ces aspects de mobilisation de la société civile et en même temps de plaidoyer auprès des institutions nationales et internationales. C’est important pour moi de composer avec ces deux aspects du travail associatif. Ce que je trouve vraiment intéressant, c’est de réfléchir à comment mettre en place des alternatives innovantes dans un contexte politique contraignant. J’aimerais continuer à travailler dans cette voie en essayant de développer mes capacités à rendre accessible à un large public des informations parfois complexes dont les premiers concernés sont le peuple. Pour ce qui est du pays, peut-être au Maroc, ou ailleurs...




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