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« Presidio Antirazzista » à Turin le 23 janvier : "Les oranges ça fait du bien ? oui mais pas à tout le monde.. jus de migrants 100% exploités"
26 janvier 2010 par Marie

Samedi 23 janvier nous nous sommes rendus à Turin afin de prendre part à la manifestation intitulée « Rassemblement antiraciste et contre l’esclavagisme ».

Ce rassemblement s’est tenu au cœur de Turin, sur la place Castello. Il était organisé par la « Coordination Antiraciste » et le « Collectif Migrants Auto organisés » de Turin. Ce mouvement rassemble divers membres d’associations Turinoises faisant la promotion des droits de l’homme et des migrants. Pendant trois heures, les membres de ce collectif et une centaine de personnes se sont rassemblés. Ce « presidio » s’est donné pour but de rappeler qu’il était urgent de se positionner : pour le droit pour tous à une vie digne ; contre l’utilisation du racisme et de la guerre entre les pauvres comme moyen de faire oublier la crise et ses vrais auteurs ; contre l’esclavagisme programmé et géré comme une ressource économique.

Chacun des participants arborait comme signe distinctif et emblème une orange autour du cou. Une orange pour symboliser l’aberration de cette situation : en Italie, des hommes sont parqués, exploités, sous payés, insultés pour cueillir ces oranges qui sont distribuées ensuite dans nos supermarchés européens.

Tout au long de ce rendez-vous nous avons distribué des tracts aux passants qui, pour la majorité, semblaient plus préoccupés par les soldes que par l’évènement. Sur ce tract figurait un texte appelant à la prise de conscience, dont voici quelques extraits :

Ceux, désignés par les politiques de droites, de gauches et par les médias, comme « clandestins » et accusés de tous les maux, sont des êtres humains, contraints par la situation internationale, par les pratiques criminelles des multinationales et des politiques néocolonialistes des pays riches sur les pays du sud, à laisser leur propre terre afin de chercher une vie meilleure.

Ceux, qu’ils appellent les « clandestins » sont des êtres humains, contraints par les lois faites par ces mêmes politiques de droite et de gauche, à rester irréguliers, « sans documents » et donc sans droits, afin de fournir une main d’œuvre à bas coût, exploitable à volonté dans une économie basée sur l’esclavagisme, sur le non-respect des normes sanitaires et de sécurité.

Ceux, qu’ils appellent les « clandestins » sont des êtres humains, qui s’occupent des enfants et des anciens et comblent ainsi les lacunes des politiques sociales, travaillent pour presque rien, dans des conditions dangereuses et précaires pour combler les lacunes d’une économie qui n’est jamais investie dans la recherche, l’innovation et la modernisation des installations productives, travaillent comme esclave pour combler les lacunes d’une agriculture ou le petit paysan est étranglé par les grandes centrales d’achats et les entreprises agro-alimentaires.

Ceux qu’ils appellent les « clandestins », servent à maintenir sur pied un système qui sans eux serait déjà mort !

Aujourd’hui à Rosarno ces esclaves des temps modernes se sont révoltés pour un instant de colère et de protestations désespérées. Mais cela a été suffisant pour démontrer les dysfonctionnements de ce système, pour lequel :

-  On parle beaucoup de droits mais dans les faits : ces droits sont reconnus uniquement à ceux qui en ont les moyens.
-  On parle beaucoup de légalité, mais dans les faits : les comptes sont établis avec la mafia au sein et en dehors de l’ État.
-  On parle beaucoup de justice, mais dans les faits : ceux qui volent des milliards sont libres et ceux qui se battent dans des camps de fortunes pour le droit de vivre dans la dignité sont réprimés.

Cet après-midi fut entrecoupé de prises de paroles et de passages musicaux. Pour rendre compte de l’atmosphère voici un fragment sonore d’un discours prononcé par un des portes-paroles du rassemblement, monsieur Karim Metref qui s’inspire du texte ci-dessus :

MP3 - 1.4 Mo
23 janvier 2010 discours rassemblement contre le racisme et Rosarno




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