Les Bazarettes au Mas Saint-Pierre
Le 14 février se déroulait, avec Les Bazarrettes, la Compagnie Duo SOMA et le Foyer Mas Saint-Pierre, une journée pour clôturer l’édition « Faire Corps » du festival Les Bazarrettes. Cette première édition s’était déroulée sur trois jours, en mai 2025. À la suite de celle-ci est apparue la nécessité de la clôturer avec la Compagnie Duo SOMA, qui n’avait pas pu être présente en mai dernier. Cette journée de clôture s’est nommée « Faire corps avec nos ressemblances ».
Pour mieux comprendre cette journée co-construite, voici le manifeste des Bazarettes :
(Bazarettes, n.f : femmes qui parlent entre elles de tout et de rien. Toujours trop, trop fort, trop haut, enfin jamais comme il faut…)
« Les Bazarrettes est un festival pluridisciplinaire qui met à l’honneur la création féminine et la rend visible dans l’espace public. Ce festival artistique, culturel et féministe est entièrement organisé par un collectif de femmes. Il est né de l’envie d’échanger et de réfléchir sur le corps des femmes (par « femmes », nous entendons toute personne s’identifiant comme telles) et de faire de ce corps un sujet plutôt qu’un objet, de faire entendre ce que les femmes ont à en dire.
De l’envie de prendre ou reprendre la parole sur des sujets souvent confisqués par les hommes.
De l’envie de se saisir de l’enjeu de l’occupation de l’espace public moins accessible aux femmes qu’aux hommes.
Enfin, de l’envie d’offrir un espace à toutes les femmes et personnes se sentant femme qui soit ouvert, inclusif, intersectionnel et serein.
Nous souhaitons placer ce festival sous le signe de la joie, du collectif et de la sororité. Qu’il soit un lieu de diffusion, de rencontres et de partage… une sorte de fabrique à sentir et à penser le monde hors des sentiers battus qui permette de valoriser le travail d’artistes et autrices femmes et, par la même occasion, de défendre leurs points de vue. »
Les Bazarrettes est soutenu par La Collective et la librairie Les Grandes Largeurs, librairie indépendante arlésienne. Élise Thiébaut, journaliste et autrice, est la marraine de ce festival.
La Compagnie Duo SOMA, formée par Emmanuel et Sophie Sala, crée ensemble des spectacles depuis 25 ans et organise des rencontres pour tous les publics, avec toujours au coeur, des chansons. Pour clôturer l’édition « Faire Corps », ils ont proposé leur Cabaret, chansons et histoires avec les interventions des participant.e.s des ateliers du Mas Saint-Pierre menés par Jean-Luc Borla et Aïssa Malouk.
Le Foyer Mas Saint-Pierre est, lui, un lieu de vie et d’accompagnement qui accueille 110 adultes, en journée comme en hébergement. Sa gestion est assurée par l’UNAPEI La Chrysalide, association de familles engagées aux côtés des personnes en situation de handicap.
Il se présente ainsi : « Ouvert sur son territoire, le Mas Saint-Pierre est un espace de rencontres, de partenariats et de création. La culture et les pratiques artistiques y occupent une place centrale : elles sont des leviers d’expression, de reconnaissance et d’inclusion. Chaque talent compte, qu’il s’exprime par la musique, les arts plastiques, le spectacle vivant ou d’autres formes de création. »
Cette journée fut riche en émotions, en activités, en échanges et en soleil.
Voici un aperçu du programme : Atelier d’écriture avec Élise Thiébaut, atelier de danse avec l’Atelier Saugrenu, atelier « Fais ton affiche » à partir des mots de résidentes du Mas Saint-Pierre, animé par Sérigraphie d’Arles, friperie, vente de livres, buvette, studio photo…
J’ai participé à l’atelier d’écriture « lettre magique à l’administration centrale » animé par Élise Thiébaut. Nous étions un groupe d’une dizaine de femmes. Le but était d’écrire un texte sous une forme administrative (lettre de motivation, de démission, de réclamation…), mais adressé à notre corps, ou à une partie de notre corps. Nous avons chacune lu notre texte aux autres, puis répondu au texte d’une des participantes.
Je vous partage mon texte et la réponse reçue :
Cher Corps,
Il existe des moments, plongé dans l’eau, baigné de soleil ou fatigué de danser où tu deviens une harmonie légère et puissante.
Un vent de liberté qui prend place aux douleurs vives où tu ne résistes plus à être, où tu ne subis plus mais redeviens ce que tu es pour me transporter où nous ne faisons qu’un.
C’est dans ce cadre et avec un profond intérêt que je t’adresse ma candidature pour le poste des sentiments de liberté.
Je pense disposer des qualités requises pour ce poste : ces sentiments habitent mon coeur à des moments précis, toujours spontanés. Ils se dissipent depuis quelque temps, mais je suis certaine que mon expérience et ma motivation les feront revenir et peut-être même, encore plus qu’avant.
Je te prie, cher Corps, d’accepter ma gratitude pour ce que tu es et ce que tu deviens.
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Arles, le 14/02/26
Chère Liberté,
Nous avons l’immense plaisir de vous faire part de notre réponse favorable au pôle du corps.
Nous avons été particulièrement touchées par votre témoignage empreint de magie et de beauté. Plus qu’une candidature, il s’agissait à notre sens d’une ode, d’un manifeste que chacun et chacune devraient lire chaque matin en se réveillant.
C’est dans cette perspective que nous sommes heureux de vous proposer un poste inédit qui vous mobiliserait dès que votre engrenage cérébral se décide à ouvrir les yeux. Vous serez le premier sentiment à vous présenter au sein de notre institution, dès que le cerveau se décide à enclencher le conscient.
Vous ne serez pas seulement affectée à un poste, mais à tous = nous voulons démocratiser un vent de liberté aux actions, aux mouvements, à chaque partie du corps qui en est capable.
N’oubliez pas la sexualité de chacun, car nous obéissons au cerveau qui est complètement libre de choisir, de ressentir ou non.
Merci, Liberté, nous sommes impatients de travailler avec vous très prochainement.
Le Corps.
Pour finir cette très belle journée, j’ai retrouvé des amis à L’Angerie, lieu autogéré arlésien, accueillant associations et collectifs, pour un bingo drag où j’ai eu l’honneur de gagner un livre de Patricia Kaas et une boule à neige.
Je vous laisse avec le programme et des images de cette journée prises par Pauline Roy, également Bazarette.











Je suis en mission à Arles, au sein de La Collective, un lieu d’écoute, de soin, de solidarité et de soutien pour les femmes. J’apporte mon appui à la vie associative de cette maison et, diplômé d’un Bachelor en photographie et design graphique, je mets ma pratique artistique en lien avec les femmes de La Collective afin de leur offrir une nouvelle forme d’expression.