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Bulgarie / Droits des étrangers /

Morgane en direction de Sofia
2 décembre 2010 par Charlotte

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Pour quel projet pars-tu ? Je pars en Bulgarie avec Migreurop. A Sofia, l’association d’accueil est Bulgarian Helsinki Committee. Ma mission s’articule autour de deux thèmes : d’une part la question de la détention, de l’asile, des expulsions et accords de réadmission en Bulgarie ; et d’autre part sur la question de l’arrivée des migrants dans les ports, notamment dans celui de Varna, sur la mer noire.

Quelles sont tes motivations pour ce départ ? Cela vient d’abord d’une envie de travailler avec Migreurop. La lecture de l’Atlas des migrants et des différents rapports m’a passionnée. J’avais envie d’intégrer ce réseau, de connaitre ses membres, bénéficier de leurs savoirs et expériences.

Cela répond aussi à un engagement plus ancien. Parallèlement à mes études (deux masters, un en Sciences politiques et un en Droit de l’exécution des peines et droits de l’homme, sur Pau et Toulouse) je me suis engagée dans diverses associations. J’ai d’abord fait un Service civil volontaire auprès de l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville). Je travaillais alors sur deux projets, un portant sur l’accompagnement à la scolarité de jeunes en difficulté et l’autre sur l’insertion des nouveaux arrivants, des mineurs récemment arrivés en France. Un de ces jeunes était ce qu’on appelle un « sans-papiers ». C’est pour me renseigner sur sa situation que j’ai été rencontrer la Cimade. Je me suis en suite engagée auprès de cette association. J’ai assisté les avocats de la Cimade en faisant le lien entre le centre de rétention et les audiences des « retenus » devant le JLD (Juge des Libertés et des Détentions). C’est ainsi que j’ai pu me rendre compte de la diversité des parcours des migrants et aussi de la fermeté de la machine administrative et de ses procédures à leur encontre. Je me suis aussi aperçue que le sujet des étrangers en France était mal connu, et j’ai ressenti le besoin de communiquer et d’informer sur ce thème. Cette envie de m’engager, le sentiment de révolte face à la situation dans laquelle sont placés les migrants, s’est liée à mon envie de partir, à ma curiosité pour les cultures étrangères, et à l’envie de relever ce défi : celui de partir seule dans un pays inconnu, dont je ne connais ni la langue ni la culture.

Qu’attends-tu de cette mission ?

J’aimerais me confronter aux situations réelles, sur le terrain, pouvoir entrer dans les centres de rétention, m’entretenir avec des migrants qui transitent ou s’installent en Bulgarie ... J’ai aussi envie de rencontrer les associations et les gens qui se mobilisent autour de la question des étrangers et de leurs droits, de découvrir quelles formes de militantisme se mettent en place là-bas. Il est important de se rencontrer, et d’échanger pour pouvoir faire émerger de nouveaux partenariats. Je crois que plus les associations qui travaillent sur les mêmes thèmes créent des liens entre elles, plus elles sont visibles et efficaces. Je suis également très motivée par le travail de restitution, j’ai envie de me confronter au travail de l’écriture, de communiquer cette expérience à travers différents supports.

Que penses-tu faire plus tard ?

J’aimerais reprendre des études pour faire un master 2. J’hésite entre poursuivre dans le droit, ou me lancer dans la recherche. Je verrai aussi en fonction de ce qui se présente à moi à mon retour. Je vais aussi poursuivre mes engagements bénévoles. J’espère aussi pouvoir continuer à voyager.




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