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Egypte / Droits des étrangers /

Mission « exploratoire » en Egypte, faudrait pas se prendre pour Napoléon non plus !
19 novembre 2010 par juliaC

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Comment as-tu commencé à militer ?

J’ai fait des études de cinéma et ce qui m’intéressait le plus c’était le documentaire à caractère social. J’en ai réalisé quatre pendant et après mes études. D’ailleurs, il est possible de voir une présentation de mes réalisations sur un petit site (jamais terminé !). Ma dernière vidéo, qui date de 2004, est, elle, en ligne sur Dailymotion.

A un moment donné, j’ai eu envie de passer de l’autre coté de la caméra et arrêter d’être simplement observateur. J’ai alors milité notamment sur la question des sans papiers et des migrants en général parce qu’ils représentent à mes yeux la catégorie la plus exploitée au monde, et c’est donc d’eux qu’il faut partir pour changer l’ordre de ce monde. Pour moi, travailler sur les questions migratoires n’est pas un but mais un moyen.

Qu’est-ce qui t’as amené à partir en Égypte avec Migreurop pour travailler sur les questions migratoires ?

J’ai commencé à militer bénévolement sur les questions liées aux migrations il y a près de quinze ans mais disons qu’il y a eu grand tournant il y a 7 ans environ quand je suis devenu salarié à la Cimade où pendant près de 5 ans j’étais conseillé social et juridique à l’intérieur même des centres de rétention administratifs (prisons pour étranger en instance d’éloignement du territoire). La plupart du temps, notre rôle était de trouver une faille dans les dossiers pour faire sortir les « retenus », un peu comme un avocat en somme. J’ai ainsi pu connaître intimement les rouages des politiques migratoires françaises et européennes et acquérir une solide formation en droit des étrangers et particulièrement sur les procédures d’expulsion.

C’est en travaillant à la Cimade que j’ai connu le réseau Migreurop. Aujourd’hui, le réseau souhaite étendre son analyse à la situation migratoire en Egypte. Le fait est que les pays directement frontaliers de l’Europe comme le Maroc, l’Algérie ou la Lybie collaborent aux politiques migratoires européennes et deviennent ainsi les « gendarmes de l’Europe ». Par conséquent, l’émigration depuis ces pays, que ce soit pour leurs propres ressortissants ou pour des ressortissants de pays subsahariens, a un coût humain beaucoup plus important (enfermement, mort en mer, …). Enfin, un des buts de cette mission c’est évidement d’élargir le réseau de Migreurop à la société civile égyptienne.

Par ailleurs, j’ai toujours eu un fort intérêt envers le monde arabe pour des raisons personnelles mais aujourd’hui les raisons personnelles pèsent peu face à l’importance qu’a pris le monde arabe au sein de la géopolitique mondiale actuelle où le monde arabe, omniprésent dans les médias, a pris plus ou moins au niveau idéologique la place du bloc soviétique pendant la guerre froide. Il n’y a plus un face à face est/ouest, il y a dorénavant, dans le discours dominant, un face à face Orient/Occident. Et, il y a 4 ans j’ai décidé de commencer à apprendre l’arabe. Là, je reviens d’un séjour de deux ans Syrie entièrement consacré à l’apprentissage de la langue.

Partir aujourd’hui en Egypte pour travailler sur les questions migratoires est donc dans la droite ligne des mes expériences précédentes.

Pourquoi partir en tant que « volontaire international » ?

Ce type de mission a, de mon point de vue, l’avantage de me sortir du rôle que j’avais à la Cimade dans les centres de rétention administratifs où j’étais complètement accaparé par le cas par cas et incapable de prendre la distance nécessaire à l’analyse.

Par ailleurs, le cadre proposé par le statut de « volontaire international » me permet, alors que je suis aujourd’hui au chômage, d’allier professionnalisme et engagement. C’est-à-dire que d’un côté je ne renonce pas à l’aspect militant de mon travail et de l’autre ce sera une expérience que je pourrais faire valoir sur le marché de l’emploi à mon retour.

Comment tu envisages la poursuite de ton parcours ?

C’est pas trop mon genre de faire des plans sur la comète pour le futur mais il y a fort à parier que la thématique migration et l’attirance pour le monde arabe ne me lâcheront pas. Je préfère tout de même répondre à la question par deux très beaux proverbes l’un zapatiste, « c’est en marchant que l’on crée le chemin », l’autre arabe « il faut trouver le compagnon avant le chemin ».




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