![]() |
|
« Le voyage est ma maison » : Marine vue par Filippo
MARINE : LE VOYAGE EST MA MAISON Qui es-tu ? D’où viens-tu et où vas-tu ? Je m’appelle Marine, 23 ans depuis hier (17 octobre, balance), je viens de Lyon. J’ai fait mes études en France et Allemagne, en sciences politiques Je pars en mission en Allemagne avec Migreurop pendant cinq mois. Je vais travailler à Hambourg avec une association de défense des droits des migrants, le Flüchtlingsrat, sur des thèmes tels l’enfermement et l’éloignement des étrangers mais aussi sur le contrôle des migrants dans la zone portuaire. C’est la première fois qu’une volontaire de Migreurop part en Allemagne, alors il y a plein de pistes à explorer en termes de partenariat ! Qu’est ce que tu aimes, qu’est ce que tu n’aimes pas ? J’aime les voyages, spécialement en Afrique, les salades composées, le tiramisu, les cafés au soleil et Lille. Je n’aime pas le miel, l’arrogance et avoir des amendes dans le bus comme ce matin. Quel est ton parcours pour arriver à cette mission ? J’ai réalisé mon mémoire de Master 1 sur les stratégies de la Cimade dans le cadre européen ; à travers ce travail j’ai participé aux mobilisations et j’ai connu le réseau Migreurop. Ensuite Elodie, une amie volontaire avec la Cimade au Niger (mettre le lien) m’a parlé du Programme EP et me voici. Je trouve la thématique de travail avec Migreurop passionnante et le format de l’échange proposée par EP me semble très enrichissant. Et après ? Cela dépendra de comment ça va se passer à Hambourg. Je me verrai bien y rester à plus long terme, travailler encore avec les associations. En tout cas continuer à travailler dans le domaine militant des droits des étrangers. Et pas forcément en France. L’évolution chez toi de l’engagement ? Lorsque j’ai intégré Sciences Po Lille je suis rentrée dans la filière franco-allemande. Je connaissais déjà l’Allemagne car à 14 ans j’étais partie près de Frankfurt pour un échange scolaire. J’ai toujours beaucoup voyagé. À 18 ans je suis partie pour 3 mois au Pérou. Je crois que j’ai le virus du voyage. C’est ma famille qui m’a transmis ça, un mélange d’engagement et d’indépendance. Après le séjour au Pérou s’est posée la question professionnelle, et je suis partie en Afrique au Rwanda en stage dans un projet de tourisme solidaire, ce qui n’était pas de l’humanitaire. Après j’ai fait à Paris un master en coopération internationale, aide humanitaire et politiques de développement. Je dis que j’étais intéressée par le développement et pas par l’humanitaire car c’est deux choses distinctes : l’humanitaire, est une sorte de mythe qui ne me correspond pas, c’est la logique de l’urgence à toute heure, tandis que le développement implique de l’intégration, il ouvre sur des projets à long terme. Mais pendant mon Master je me suis aussi trouvée face à de nombreuses contradictions, aux problématiques, et aux critiques des modèles de développement, par rapport surtout aux relations Nord-Sud. Du coup j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. Ce qui est intéressant c’est qu’à Paris, en parallèle de mon Master, j’ai été mobilisée durant l’hiver 2009-2010 par rapport aux Afghans du Canal St. Martin. Finalement après tous ces voyages, mon engagement pouvait se faire réellement depuis Paris, après du coup une autre « légitimité » puisqu’il s’agissait d’accueil dans mon propre pays, de questions politiques qui mettent directement en cause la démocratie dans laquelle j’ai grandi. Puis il y a eu mon dernier stage au Niger, c’était la possibilité de partir en Afrique pendant 5 mois, pour une recherche sur la perception de la présence chinoise au Niger. Ça a été une bonne période, très riche mais je ne me sentais pas prête à faire de la recherche sur le long terme. Travailler avec Migreurop permet d’allier cette envie d’action, d’engagement et de recherche. Une phrase qui te correspond ? Le voyage est ma maison Quels résultats attends-tu de ta mission ? C’est difficile. Il ne s’agit pas de sortir un produit fini mais j’ai le désir de servir à quelque chose. Pendant mon travail de recherche au Niger, je me suis demandée : ça sert à quoi finalement ? Mais je pense que l’on n’est pas obligé de découvrir le sens pratique de toutes les choses pour finalement quand même faire des choses intéressantes, utiles. Etre engagée dans ce projet est déjà quelque chose qui a un sens en soi. Et j’ai envie de poursuivre, de mieux connaitre le domaine associatif dans la défense des migrants et de trouver ma place. |
|
||||||||
|
|||||||||