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Deux jours de rencontre internationale : Quelles dynamiques Sud Sud Nord ? Au moment précis où la révolution tunisienne achevait de renverser le régime de Ben Ali, environ 160 personnes venues de France, du Mali, du Sénégal et du Maroc se réunissaient à Agadir pour deux jours de réflexion et d’échanges sur le thème « Migrations et Développement : une dynamique Sud-Sud-Nord ». Cette rencontre internationale, organisée dans le cadre du volet « Mise en réseau et consolidation des échanges Sud-Sud-Nord » du projet fédérateur porté par le consortium IDD / IFAD-FMAS / Touya , avait pour objectif de croiser les expériences et les regards sur la place que pourraient prendre aujourd’hui les partenariats Sud-Sud et Sud-Sud-Nord dans le développement.
En préambule, il a été réitéré le souhait d’un Maghreb des « Peuples », face aux luttes actuelles au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en Mauritanie, en Egypte,etc. « Echanger pour décrypter l’avenir, débattre pour relativiser le présent et discuter pour s’approprier le passé » tel était selon Latif Mortajine, président d’IDD, l’objectif recherché aujourd’hui avec ce type de rencontres internationales. Ces deux jours furent riches en débats, exposés et émotions. Une première plénière a abordé les enjeux du développement et le phénomène migratoire avec ses effets économiques et sociaux, en s’appuyant sur les exemples marocains, maliens et sénégalais. Ont suivi deux tables rondes simultanées rassemblant chacune une soixantaine de personnes, sur deux thèmes :
De nombreuses questions se sont posées : Comment les ONG représentant la communauté migrante à l’étranger réussissent-elles à s’investir aux côtés des associations locales et des collectivités locales de leur territoire d’origine ? Quelle est leur place ? Quel système de gouvernance local peut favoriser une appropriation et une participation citoyenne quotidienne ?... Les réponses ont permis de dégager des points de convergence, mais aussi des différences notables d’un pays à l’autre. Au Mali par exemple, contrairement au Maroc où le dispositif juridique ne le permet pas, l’intercommunalité permet de réunir les projets de différentes communes. Au Maroc, l’enjeu concerne la difficulté à dépasser le cadre « classique » de la solidarité souvent familiale et d’investissement immobilier couramment pratiquée par les Marocains résidant à l’étranger (MRE), en institutionnalisant les partenariats et solidarités quotidiennes. Au final, l’importance de cadrer et d’institutionnaliser les partenariats entre associations migrantes, associations locales, et collectivités locales a été soulignée. La soirée du samedi a continué avec cinq ateliers abordant des thématiques précises :
Ces ateliers, riches en discussions ont débouché sur des recommandations liées aux partenariats, à l’importance de sensibiliser la population et les acteurs locaux du développement, élus et institutions diverses, aux enjeux précités. Le « réseautage » et les complémentarités entre les actions publiques, privées et semi-publiques ont aussi été perçues comme des éléments essentiels pour un changement. Enfin, il est apparu que le principal enjeu aujourd’hui, au Nord comme au Sud, est d’affirmer une solidarité véritablement fondée sur les droits en réalisant des « ponts de solidarité », terme revenu à maintes reprises. Les échanges se sont terminés sur une plénière consacrée au Forum social mondial de Dakar, qui devrait mettre l’accent fortement sur les thèmes de la migration et de la liberté de circulation. Le consortium pourra y relayer les moments, idées et cris du cœur exprimés lors de ces deux jours. Le séminaire permettra de tirer des pistes d’actions sur le moyen terme. Les participants ont partagé le même objectif et la même attention vis-à-vis des changements nécessaires, face aux discours sécuritaires qui nourrissent les attitudes de discrimination et d’exclusion. Il est primordial de continuer à échanger, partager et construire ensemble une réflexion basée sur le respect , la liberté, la démocratie au quotidien et de développer, comme l’a souligné Kamal Lahbib, une culture nouvelle, en s’efforçant d’élargir les horizons d’échanges : Amérique du Sud, Asie, etc. Cette rencontre a aussi été la preuve que, même dans un contexte qui se durcit, un autre monde est possible ! |
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