Premiers pas en Amazonie

Hello tout le monde !
Je viens d’arriver en Amazonie brésilienne. Je suis encore en plein dans les démarches administratives (banque, ligne téléphonique, moyen de transport, etc). Aujourd’hui, il est d’ailleurs prévu que je rencontre mes nouveaux collègues autour d’un barbecue. En attendant plus de nouvelles, je souhaitais vous partager ce texte que j’ai écrit pendant mon temps de préparation à Paris. Il est en lien avec cette photo, qui fait partie des symboles de l’asso qui m’accueille : le comitê Chico Mendes.

C’était un 22 décembre, sept jours après mon anniversaire et trois jours avant Noël. Je sortais de la maison pour aller me doucher. Le jardin était beau, les légumes étaient gros. Ma fille Angela était déjà rentré de l’école.
Notre lutte était rude mais je me sentais chanceux. Chanceux d’être entouré. La situation était toujours difficile. Malgré la fin de la dictature militaire, la colonisation forestière restait intense. J’avais grand espoir en notre futur car je nous savais combattifs, résistants et indisciplinés. Nous irions jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte. J’étais prêt à donner ma vie et ce fut le cas ce 22 décembre devant ma casa.
Je suis content car j’ai fait ma part. J’espère maintenant que nos enfants continueront. Il le faut. De la forêt dépend notre survie et de nous dépend le sort de la forêt. L’avidité humaine ne peut avoir raison sur la sensibilité. Je pars maintenant en laissant mon nom. J’espère qu’il mobilisera et protégera. Pour me retrouver, il suffira d’écouter la forêt.

Après une année au Brésil, il retourne en France pour se former en journalisme. Toujours curieux, il multiplie les engaments en devenant pompier volontaire et en continuant les colos. Il a la chance de passer la dernière année de son cursus au Québec où il travaille avec les Premières Nations. Virgile est aujourd’hui retourné au Brésil, dans l’État d’Acre en Amazonie. Envoyé par l’association Autres Brésils, il est accueilli par le Comitê Chico Mendes.