Dans les Arènes de la ville : premiers pas à Arles
Mes recherches pour un studio à Arles ont débuté sérieusement au début du mois d’août. Un mois plus tard j’avais des messages laissés en suspens, quelques demandes refusées, puis une piste sérieuse avec un rendez-vous et une visite prévus dans la semaine du 21 septembre. Mais quelques jours avant, le rendez-vous est annulé : la visite ne pouvait plus avoir lieu car le propriétaire avait finalement trouvé un autre locataire. Je sors de la liste d’attente.
Dans la même période, je reçois un appel de Delphine qui a obtenu mon contact par Fanny (coordinatrice de La Collective), elle me propose une chambre à louer dans sa maison. J’hésite encore mais je prends quand même mon billet pour Arles.
6h05, mardi 22 septembre : j’accours au dernier appel des agents stationnés sur les quais de la Gare de Lyon, direction Avignon TGV.
9h10 : J’arrive à la gare, je prends un deuxième train vers Avignon centre. Il est 9h20, place au TER, j’arrive enfin à Arles.
Sur la montre : 10h15 environ. J’ai deux heures d’avance avant la visite, je me permets de parcourir la ville.
À la sortie de la gare, je les vois en ligne, des touristes discutant en anglais et attendant le coup de départ du guide. Je me mets en bout de file, le trottoir est étroit, j’ai du temps devant moi, je me permets de les suivre jusqu’à la place Lamartine. De là je peux apercevoir le Rhône, un centre commercial et quelques restaurants. Ils sortent leurs appareils photo tout en appréciant la vue.
Je sors mon portable : 75 avenue Stalingrad, je vais à La Collective.
Des bars déserts, quelques cafés, des commerces apparemment fermés, quelques salons de coiffure, longent cette avenue peu peuplée, c’est silencieux, ça change de Paris.
Musique : Lay down (Floetry)
10h40 : J’arrive dans la cour, j’observe en premier lieu l’Archipel mais sans ses artistes et artisans, juste un homme en train de changer les pneus de son vélo. J’entre dans la cour, il fait chaud, la tenue a été mal choisie, je retire ma veste.
La maison a l’air plus grande que sur les photos, 100 mètres carrés, un rez-de-chaussée puis l’étage. Sur la devanture : une table et quelques chaises, je ne vois personne, c’est calme. C’est trop tôt, je reviendrai plus tard.
Je traîne le pas dans la cour, je pense à l’image que je me faisais de ce lieu, j’y suis enfin.
Cette maison des femmes : lieu de ressources et de soutien psychologique dédié aux femmes. J’ai hâte de le voir comme à son habitude: calme mais vivant, j’ai hâte de rencontrer celles qui le font vivre.
11h15 : Je retourne sur l’avenue, je suis à la recherche d’un banc, je n’en trouve aucun, il faut remonter plus haut à quelques minutes de marche. Je me pose, je sors un livre. Je lis, puis fais une pause. Il fait chaud mais qu’est-ce qu’il fait beau.
12h00 : Je prends de l’avance, je fais le tour du pâté de maisons. Celle de Delphine se situe à environ 10 minutes de La Collective. J’observe les maisons autour, aucune tour à l’horizon.
12h15 : Je m’approche trop près d’une clôture, un chien aboie, il est temps de faire la visite. J’entre enfin dans la cour et je le remarque immédiatement : le mûrier grand et majestueux, autour des fruits sur le sol, une piscine à ma droite plus loin, j’avance vers la terrasse. Delphine sort, on s’embrasse.
J’entre dans la maison, un verre d’eau à la main, puis commence la visite. D’abord ma chambre, puis les autres pièces. Enfin, on se pose dans la salle à manger, on discute. J’ai les yeux qui pétillent, elle est drôle et gentille. Elle sort des patates douces, les découpe pendant que l’on discute, les enduit d’huile avant de les mettre dans le four.
Elle me raconte ses années de jeunesse loin de cette ville dans laquelle elle a grandi, son séjour au Sénégal, puis sa vie à Paris, ses années passées à Belleville, quartier de mon enfance, que nous partageons désormais. Elle me laisse quelques jours pour y réfléchir, mais je le sais déjà, c’est ici que je vais vivre.
13h : Les patates sont prêtes. Elle me propose de rester mais je dois partir à la découverte de la ville, il me reste trois heures. Je marche vers le centre-ville. Je reprends l’avenue Stalingrad, remonte vers place Lamartine puis je longe la rue Voltaire.
Café, bar, restaurants, je ferai un tour à mon retour. Pour l’instant direction les Arènes, mais avant premier arrêt : la fontaine Amédée Pichot.

( Source photo : Chelsea)
Musique : Still Blue (SiR, Jill Scott)
14h : J’ai faim. Je recherche un restaurant à proximité, je le trouve rue de la République à 15 minutes à pied, en partant des Arènes. Les rues sont étroites, les bâtiments anciens, le bitume a une couleur différente, ça change des pierres en forme de mosaïque et lisses de Paris. Je suis émerveillée. Je remonte la rue des Arènes puis l’hôtel de ville.



( Source photo : Chelsea)
14h20 : j’ai pris du retard, j’arrive au restaurant, je me pose sur la terrasse. Au menu : des frites, un filet de saumon accompagné d’une salade, je ressors mon livre en attendant.
Americanah : Chimamanda Ngozi Adichie ( Edition Gallimard, 2016)
15h30 : Je reçois un message de Fanny :
“Bonjour Chelsea, Je crois que tu es sur Arles pour les recherches de logement. Si tu as envie (sens-toi libre) de passer à La Collective en fin de journée, on a un temps d’analyse de pratique à 18 h 00, tu es la bienvenue ! ”
Il me reste une heure, je repars vers l’avenue Stalingrad, mais je repasse par la place de la République vers laquelle un groupe de personnes se dirige. À proximité de l’église Saint-Anne se tient le festival de photo, mais je n’ai plus le temps, il faut y aller.


( Source photo : Chelsea)
Je repasse le quai Marx Dormoy, une dernière fois pour voir le Rhône.


( Source photo : Chelsea)
16h : Je rentre de nouveau dans la cour de La Collective, cette fois-ci je remarque deux femmes assises sur le pas de la porte. S’agit-il d’intervenantes ? Je demande à voir Fanny : elle est à l’intérieur, me disent-elles.
J’ouvre la porte… Non, c’est une permanence d’écoute psychologique, je la referme aussitôt, je vais attendre dehors. Une dizaine de minutes plus tard, je monte enfin au premier étage, Fanny m’accueille.
On discute de la soirée du 25 septembre : une rencontre avec Adèle Haenel pour discuter de la sortie de son dernier ouvrage. Je regrette déjà de ne pas pouvoir rester, mais il y aura d’autres rencontres, j’y serai. On regarde ensemble le calendrier des prochains événements, j’ai hâte.
16h30 : Il faut que je m’en aille, j’accours vers la gare, je remonte dans le train direction Paris.
Musique : Didn’t Cha Know (Erykah Badu)

Envoyée par le Centre international de culture populaire (CICP), je suis en volontariat à Arles au sein de La Collective, un lieu de ressource, de soutien et d’écoute pour les femmes. Titulaire d’un master en Solidarité internationale avec une spécialisation sur les questions de genre, j’apporte mon appui à la vie associative sur des projets construits au croisement de la santé, du social et de la culture mis au service du bien-être des femmes.